Les Juifs n'ont pas tué Jésus. Les Romains ont tué Jésus.












Les Juifs n'ont pas tué Jésus
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"Les Juifs ont tué Jésus"
"Les Juifs ont tué le Christ"
"Les Juifs, peuple déicide"
Ces mensonges ont trop duré, ont trop été dits, ont été trop entendus.

Préambule
Jésus est déclaré "Christ" par les Chrétiens, ce qui explique les mots "les Juifs ont tué le Christ".
(Reformulation : en parlant de "Christ", les Chrétiens parlent de Jésus).

Déicide, définition résumée : meurtre de Dieu. Peuple déicide : peuple qui a tué Dieu.
Explication : pour une majeure partie des Chrétiens, Jésus était Dieu. Des Chrétiens ont cette croyance, d’autres Chrétiens (minoritaires) ne la partagent pas.
Cette croyance est uniquement dans le christianisme.

En vingt siècles d’histoire, des dires comme "les Juifs ont tué Jésus" et d’autres aussi faux ont été à l’origine de persécutions, cruautés, pogroms et assassinats de Juifs. Les monstruosités se comptent en millions, autant hélas que le nombre des Juifs, hommes, femmes et enfants, qui en ont été victimes, spoliés, torturés, humiliés, déshumanisés, massacrés, tout cela durant des siècles à cause de tels ignobles mensonges.

Le but de ce qui suit, n’est pas de déterminer qui est à l’origine de tels mensonges éhontés, ni de désigner un coupable.
Le but de ce qui suit cherche à dire et expliquer clairement :
Les Juifs n’ont pas tué Jésus.
Il est nécessaire d’éradiquer ces mensonges et leur propagation.

Explications
Un premier point doit être corrigé. Le terme "juif" est improprement employé. La déclaration mensongère "les Juifs ont tué Jésus" veut parler des habitants de la Judée, où est mort Jésus, et veut parler des habitants de l'époque. Mais, cette déclaration fait pire.

La Judée est l’un des territoires d’Israël. Ses habitants sont les Judéens.
A l'époque de Jésus, il n’existait pas de Juifs, le judaïsme n’existait pas encore. A cette époque existait un groupe politico-religieux divergent qui est
le prédécesseur du judaïsme. Ce groupe était celui des פרושים "péroushim", en français les Pharisiens, dont la tendance religieuse était séparatiste et s’appelait le pharisaïsme (ou pharisianisme).
Plusieurs groupes religieux et/ou politiques coexistaient. Pour en savoir un peu plus : cliquez ici.
Plus tard, environ un à deux siècles après Jésus, le pharisaïsme s’est organisé, a aussi commencé à compiler un ensemble de textes érigés en norme, en même temps qu’il a donné le judaïsme, dont la branche rabbinique (le judaïsme rabbinique) est devenue la plus influente.

Jésus n’était pas en conflit avec les Pharisiens. Selon certaines thèses Jésus aurait été en désaccord ou en tension avec les צדוקים "tsédokim" (ou "tsadokim", ou "tsédoukim" ou encore "tsadoukim"), soit en français les "Sadducéens". Ces derniers étaient les guides religieux à l'époque de Jésus. Les Pharisiens, comme peut-être Jésus, étaient des opposants aux Tsédokim, les Sadducéens.
Le nom des צדוקים "tsédokim" vient du nom de צדוק הכהן "Tsadok aCohen" soit le "Grand-Prêtre Tsadok" ("Çadok" en certaines traductions). Des textes bibliques indiquent que sa lignée, de père en fils, aurait été choisie pour être celle des Prêtres et Grands-Prêtres (Ezéchiel, 43, 19 - 44, 15 - 48, 11 – Chroniques I, 29, 22). Toutefois, il n’est pas sûr que les prêtres de cette époque aient bien été de cette lignée, et il n’est pas sur qu’ils aient succédé chacun au précédent grand-prêtre selon ce qui est prescrit. Car, il arrivait aux Romains, ou aux détenteurs de leur autorité, de nommer des prêtres. Ce fut le cas pour, par exemple, le grand-prêtre Ânan (ou Hanan, Anne, Hanne, ou encore Annas ou Ananus, selon les traditions et traductions) qui fut nommé par un gouverneur romain, Quirinius (Publius Sulpicius Quirinius), qui était aussi un général romain, administrateur, et sénateur. Ânan était un contemporain de Jésus, et ce dernier aurait été conduit à Ânan avant d’être tué.
Les "Tsédokim", soit les Sadducéens, étaient l’ensemble des prêtres de cette époque avec aussi leurs sympathisants et leurs soutiens. Ils ont été poursuivis, emprisonnés et massacrés par les Romains après la grande révolte des Judéens contre les Romains (elle eut lieu approximativement entre les ans de 65 à 75 de l’ère chrétienne).
C’est l’absence des Sadducéens qui a permis aux Pharisiens d’émerger plus tard. Les Pharisiens ne représentaient pas de menace politique aux yeux des Romains, contrairement aux Sadducéens qui étaient des guides religieux importants, institués, et suivis par la population. Les Sadducéens représentaient donc un certain pouvoir. C’est pourquoi les Sadducéens ont été pourchassés, emprisonnés, leur relatif pouvoir et leurs institutions démantelées, et cette lignée des כהנים Prêtres quasiment décimée (voire totalement, la question subsiste), tandis que les Pharisiens ont subsisté, donnant plus tard le judaïsme.

Qui accuse en disant "les Juifs ont tué Jésus" ne sait donc pas de quoi il/elle parle, puisqu’il n’existait pas de Juif à cette époque, et puisque Jésus comme les Pharisiens auraient été du même côté, soit des opposants aux Sadducéens.

L’emploi du mot "juif" indique donc que cette accusation serait ultérieure à l’époque de Jésus. Elle serait ultérieure au premier siècle de l'ère chrétienne. Elle serait peut-être du second siècle, ou plus récente encore. Car, c'est à partir du second siècle (environ) que le pharisaïsme est devenu le judaïsme.

Ceci indique aussi que, contrairement à une thèse encore actuelle, les premiers Chrétiens ne seraient pas à l’origine de ce mensonge et cette accusation.

Jésus n’a été tué ni par les Juifs (qui n’existaient pas encore), ni par les habitants de la Judée (des explications suivent plus loin).
Les premiers Chrétiens étaient des Judéens. Ils n’auraient pu dire "les Judéens ont tué Jésus", en s’accusant ainsi eux-mêmes alors qu’ils étaient du parti de Jésus.

L’accusation "les Juifs ont tué Jésus" ne porte pas seulement sur les habitants de la Judée d'alors. Elle le veut, mais pas seulement. Car elle veut aussi atteindre les adeptes du judaïsme. Le judaïsme est une croyance religieuse. Parler des Juifs désigne sans distinction les adeptes de cette croyance de toute origine et de tous les temps.
Cette déclaration mensongère "les Juifs ont tué Jésus" confond tout, les populations de religion juive de toutes les origines (géographiques, ethniques, religieuses, car certains Juifs sont nés dans d’autres religions) et de tous les temps, y compris le temps présent.

Cette formulation hélas très courante, "les Juifs ont tué Jésus", comporte ces deux fautes de langage, peut-être voulues :

- L’une porte sur "LES Juifs". Dire "DES Juifs ont tué Jésus" ne serait pas pareil. Dire "LES Juifs" inclut tous les Juifs du monde, même le plus innocent des nourrissons.

- L’autre faute concerne l’aspect temporel. Dire "LES Juifs ont tué Jésus" inclut ceux d’il y a deux mille ans autant que ceux d’aujourd’hui. Tous sont ainsi rendus coupables, toutes les générations incluses, et pour toujours tant que ce mensonge sera répété. Il est donc potentiellement efficient pour le futur aussi, tant que ce mensonge sera répété.

Une telle formulation cherche donc à accuser tous les Juifs et leur porter atteinte pour toujours.
Elle ne laisse aucun répit, mais persécute, et sans cesse tant qu’elle est formulée.

Jésus est mort crucifié.
Il n’a pas été crucifié par des Juifs, ni par des Judéens.
Si des Judéens avaient tué Jésus, il n'aurait pas été crucifié, mais lapidé.
Le crucifiement était pratiqué par les Romains. Il n’était pas pratiqué par les Judéens.

Les Romains occupaient la Judée à cette époque. Les Judéens n'avaient pas d'autorité, du fait de la domination romaine. Rome avait fait de la Judée une province de son empire. Toute rébellion à l'autorité romaine était cruellement réprimée, en Judée comme dans tout l'empire romain. C'est ainsi, par la violence et la terreur, que l’empire romain prenait des territoires et des populations, prenait aussi leurs richesses, leur faisait payer tributs, et les maintenaient prisonniers de leur empire.
Les Judéens avaient en horreur cet envahisseur romain. Les Judéens résistèrent, et au moins deux grandes révoltes eurent lieu, jusqu'au milieu du second siècle de l’ère chrétienne. (L’une de ces grandes révoltes est celle dite : מרד בר כוכבא "révolte de Bar Koh’ba", qui eut lieu vers les ans de 130 à 136 de l’ère chrétienne).
Des décennies avant la dernière révolte, c’est dans ce contexte d’occupation que Jésus vécut. Dans ce contexte, les Judéens espéraient qu’un libérateur les délivrerait des occupants romains. Les Judéens espéraient un roi, comme le roi Saül, le roi David, le roi Salomon. A l’époque de ces rois (qui vécurent des siècles auparavant), les rois d’Israël étaient oints. C’est à dire qu’ils recevaient d’un prophète une onction d’huile consacrée. Le prophète obéissait à des ordres divins, mais pas de sa propre initiative. Le roi oint était ainsi appelé משיח "machia’h" signifiant "oint". Le mot hébreu משיח "machia’h" a donné en langue française "messie" (et d’autres équivalences en d’autres langues, dont "christos" en grec, donnant "christ" en français, signifiant "oint").
C’est ainsi et pourquoi certaines personnes de la population judéenne voulurent croire que Jésus aurait été ce libérateur.
Jésus fut donc prétendu "oint", soit en français "messie", ce qui le prétendait donc "roi d’Israël".
Il est important de préciser qu'un libérateur n'aurait pu chasser les Romains par la parole et des arguments religieux. Chasser les Romains impliquait la révolte, la violence, la guerre. C'est donc un roi guerrier qui était espéré, comme l'ont été les rois Saül et David. Ces aspects n'auraient pu échapper aux Romains. Déclarer Jésus "roi" était déjà en soi un acte contre Rome et son empereur, et cet acte était encore plus coupable en soi s'agissant de libérer la Judée de l'empire romain. Jésus était alors aux yeux des Romains un chef de révolte.

Les rumeurs propagées par ces personnes, qui mirent leurs espoirs en Jésus, firent de ce dernier un instigateur de troubles aux yeux des Romains. La "pax romana", soit la "paix romaine", était menacée, ce qui ne pouvait être toléré par les Romains.
De plus il ne pouvait y avoir un tel roi en Judée. Seuls Rome, son empereur, ses institutions et son gouvernorat régnaient.
Se prétendre roi ou être ainsi prétendu était une révolte manifeste contre Rome. Jésus était donc identifié en agitateur et meneur.
Jésus ne se serait peut-être jamais prétendu "messie" soit "roi d’Israël" (selon les Évangiles, il se serait autoproclamé "messie", mais des thèses s’opposent à ce sujet). Autoproclamé "messie" ou proclamé "messie" par ses partisans, ce fait a sans aucun doute envoyé Jésus à la mort par crucifiement.
Jésus aurait pourtant interdit à ses partisans de le dire "messie" (selon les Évangiles : Luc, chap. 9, v. 18-21 - Matthieu chap. 16, v. 20). Sans cette affirmation, l’histoire aurait été toute autre. Car, sans cette proclamation de messianité, si Jésus et ses partisans étaient restés dans le seul domaine religieux comme les Pharisiens, Jésus n’aurait même pas été connu des Romains. Mais, se dire ou le dire "messie" (ou "christ" selon les passages et traductions), soit "oint", soit "roi", fit de lui un opposant à Rome et son empereur, sortant ainsi du seul domaine religieux.
Pour les Romains, les Chrétiens constituaient donc un noyau de rébellion à anéantir, des rebelles à mater.
Pour rappel : les Pharisiens subsistèrent (donnant plus tard le judaïsme), parce que les Pharisiens ne représentaient pas de pouvoir politique, ni économique, ni de menace pour Rome. Ils n’étaient qu’un parti religieux, et minoritaire, sans importance à l’époque de Jésus.
S’il en avait été de même concernant Jésus et ses partisans, si Jésus n’avait pas été prétendu "messie", son histoire, sa vie et sa mort auraient été totalement différentes.

Jésus a été tué sur la décision de Ponce Pilate, gouverneur romain de la province de Judée.
Seuls les Romains, l’autorité occupante en Judée, avaient le pouvoir de prononcer une peine de mort pour des raisons politiques ou économiques.
Jésus a été mis à mort pour le motif politique de rébellion contre Rome, pour s’être déclaré ou avoir été déclaré משיח "machia’h" "messie", signifiant "roi d’Israël" (régnant donc sur la Judée en l’occurrence, ce "roi de Judée" ou "roi des Judéens", transformé en "roi des Juifs" dans les traductions et la courante erreur du langage).
Selon certaines thèses, et notamment selon un Évangile (les Évangiles sont des textes chrétiens), ce serait cette raison qui aurait figuré sur un titulus, placé au dessus de lui sur sa croix. Le titulus (ou parfois titulum) était un écriteau sur lequel était indiquée la raison pour laquelle la personne était jugée coupable.
Selon un Évangile (Luc, chap. 23, v.38) le titulus aurait mentionné "roi des Juifs". Cependant, ce texte évangélique a été écrit en grec, et sa traduction par "Juifs" ne peut être qu'une mauvaise traduction (cf. ce qui précède).
Le titulus aurait peut-être mentionné "roi de Judée", ou "roi des Judéens", ou encore "roi d’Israël", mais il est impossible que le titulus ait pu mentionner "roi des Juifs", si toutefois le titulus sur la croix a bien existé. Car, les Évangiles sont des textes partisans, propagandistes, et dont le contenu religieux est en incohérence avec les écrits religieux antérieurs. La fidélité historique de ces textes est aussi mise en question. Car, ils ont été écrits bien des décennies après la mort de Jésus. Ce ne sont pas des textes aussitôt écrits pour mémoire ou témoignage, mais plutôt une reconstitution partisane d'événements passés dont les détails peuvent avoir été altérés par le temps (ou altérés pour faire de la propagande religieuse, cf. ce qui précède). Ainsi, certains Évangiles sont admis par le christianisme, d'autres textes sont rejetés par le christianisme, et une troisième catégorie, dite "apocryphe", vogue entre les deux ("apocryphe" signifie "caché", "secret". Ce sont des textes assez connus, mais laissés en marge du canon biblique).
Concernant la présence d'un titulus sur les croix, au dessus des suppliciés, aucun texte antique connu n'en fait mention sinon le seul Évangile de Luc à propos de Jésus. Un titulus précédait parfois les suppliciés, fixé à une hampe de bois. Sinon ainsi, le titulus était suspendu au cou du supplicié. Celui de Jésus aurait donc précédé Jésus dans son parcours avant le crucifiement, ou il aurait été suspendu à son cou, mais il n'aurait pas été fixé sur sa croix.
La présence d'un titulus sur les croix, au dessus de la tête des suppliciés, n'est pas une certitude pour n'être un fait historique établi.
De plus, selon certains experts et leurs thèses, les Romains employaient le plus souvent des croix en forme de T, ce qui, dans ce cas, ne laisse pas la possibilité de placer un titulus au dessus de la tête des suppliciés.
Enfin, il faut préciser que Jésus aurait été crucifié en l'absence de ses disciples. Ce qui est donc rapporté par l’Évangile de Luc, à propos d'un titulus au dessus de Jésus crucifié, est aussi mis en doute du fait de cette absence.
La langue de l'inscription du titulus est aussi une question qui subsiste. Le titulus de Jésus était-il écrit en latin ou en hébreu ? D'autres incluent aussi l'araméen et le grec. Il aurait été écrit en grec, latin et hébreu, selon Luc, chap. 23, v. 38. Mais il n'existe aucune raison pour que le grec ait été employé. Cette langue n'était pas parlée par la population de Judée, ni par les occupants romains (qui n'étaient pas grecs).
Dans tous ces cas, subsiste le même problème de traduction du titulus vers d'autres langues du monde. Traduire par "Juif" n'est pas une traduction possible.
Pour rappel : "roi de Judée" ou "roi d'Israël" sont les deux seules inscriptions possibles.
Il n'existait pas de roi pour une seule tribu d'Israël, en l'occurrence un roi pour la tribu de Juda et la seule Judée. Il n'existait de roi oint par un prophète que pour l'ensemble des Israélites, l'ensemble des douze tribus d'Israël, et l'ensemble de leurs territoires. Certes, il y eu plus tard, après le roi Salomon, des rois autoproclamés et une séparation entre royaume d'Israël et royaume de Juda. Jésus fit partie de ces rois autoproclamés, ou proclamé par une partie de la population (le doute subsiste). Mais seul un roi oint par un prophète était légitime, et, dans ce cas, il était roi pour tout Israël.

Quoi qu'il en soit,
- titulus sur la croix ou au cou de Jésus, ou le précédant,
- avec pour inscription "roi de Judée", ou "roi d’Israël", ou encore "roi des Judéens", mal traduite par "roi des Juifs" dans les traductions évangéliques,
la raison de la mort de Jésus serait de s'être prétendu messie, soit roi, ou de l'avoir été par ses partisans, faisant ainsi de lui un fauteur de troubles en rébellion contre Rome, contre l'autorité romaine, contre l'empereur de Rome qui était aussi empereur de Judée, territoire qui était alors une province romaine.

Aux explications qui précèdent, doivent aussi s’ajouter celles exprimées par quatre Évangiles du canon chrétien.
NB : Pour les raisons expliquées précédemment les Évangiles doivent être lus avec prudence quant à leur fidélité historique. Il en est de même quant à leur fidélité religieuse (pour rappel : ce sont des textes partisans, propagandistes, et en incohérence et opposition avec les précédents textes religieux).
Néanmoins, le récit dit des "marchands du temple" étant présent dans quatre Évangiles, il mérite attention, bien que ces quatre Évangiles ne donnent pas les mêmes détails. Le plus étoffé semble être celui de Jean, chap. 2, verset de 14 à 16, dont voici un extrait (traduction du grec en français selon le pasteur (protestant) Louis Segond) :

"Il (Jésus) trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis. Ayant fabriqué un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les bœufs. Il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables"

(Autres Évangiles qui décrivent sensiblement la même scène : Matthieu, chap. 21, v. 12-13 - Marc, chap. 11, v. 15-17 - Luc, chap. 19, v. 45-46)
Une telle description confirme les explications précédentes sur les troubles causés. Contrairement à ce que les dires chrétiens se plaisent à répandre et répéter, Jésus n’était pas un pur concentré d’amour, et seulement d’amour, qui aimait autrui au premier regard (selon un passage de l’Évangile de Marc, chap. 10, v. 21, souvent cité par des Chrétiens).
La description faite de Jésus, qui fabrique un fouet, donc prémédite, puis fouette les gens et les animaux, et renverse les tables, décrit un homme violent, voire colérique, ou, à l'inverse, froidement cynique.
Ce récit, donné par les quatre Évangiles, décrit un homme qui veut imposer sa loi et son idéologie par la force, mais pas par l’amour, pas par le dialogue, pas par la conviction, pas par l’éducation, pas par la morale, ni par l’adhésion à ses idées, mais par la violence.
Il n’y aurait même pas eu de dialogue ou de morale préliminaire faite à ces "marchands du temple", mais directement la violence.
Aujourd’hui comme hier un tel comportement ne serait pas toléré. De nos jours, un tel individu serait maîtrisé aussi vite que possible par des vigiles ou des policiers. S’il est estimé pleinement conscient et responsable de ses actes, après un examen psychiatrique, il serait jugé, voire emprisonné.
S’il est estimé irresponsable de ses actes, après un examen psychiatrique, il serait peut-être hospitalisé, voire jusqu’à la fin de ses jours.
Mais, les Romains n’auraient certainement pas eu la clémence de penser à la folie (nous dirions "maladie psychiatrique" de nos jours), et ils n’auraient certainement pas eu la clémence de l’épargner, s’agissant de folie ou non.
Les Romains ne pouvaient voir qu’un fauteur de troubles portant atteinte à l’ordre et à la "pax romana", la paix romaine, ce qui s’ajoute aussi à l’affirmation de messianité, soit royauté. L’ensemble était trop, et intolérable pour les Romains.

Le gouverneur romain Ponce Pilate décida donc que Jésus serait supplicié à mort. Le supplice était le crucifiement. Ainsi procédaient les Romains. Ce fut une décision unilatérale de Ponce Pilate, à qui le droit romain accordait ce pouvoir, et seulement à lui en Judée. La procédure était nommée "cognitio extra ordinem", soit une sorte de jugement d’exception, une procédure hors de toutes celles ordinaires comme son nom latin l’indique ("extra ordinem").
Auparavant Jésus aurait été conduit à Hérode Antipas, fils d’Hérode premier. Ce dernier était détesté par les Judéens, car il fut proclamé roi de Judée par le sénat romain, et ainsi placé sur le trône tout en étant soumis à Rome.
Hérode premier et son fils Hérode Antipas n’étaient pas des Judéens, ni même des Israélites. Ils étaient "Edomites" (ou Iduméens) c’est à dire des descendants d’Edom, un autre peuple que les Israélites.
Selon l’Évangile de Jean, Jésus aurait aussi été conduit à un prêtre nommé Hanan (ou Anân, ou Anne, ou encore Annas ou Ananus, selon les traductions) (Jean, chap. 18, v. 13). Les autres Évangiles n’en font pas mention.
L’Évangile selon Matthieu (chap. 26, v. 57) donne une autre version. Il indique que Jésus n’aurait pas été conduit devant Hanan, mais devant un grand-prêtre nommé Caïphe (Caïphe dans les traductions en français, "Kaïaphas" selon l’Évangile en grec).
Les noms hébreux de ces prêtres ne sont pas connus avec certitude, puisque ces Évangiles sont écrits en grec ancien, pas en hébreu.

Il est difficile de reconstituer l’exacte histoire et tous les détails de celle-ci. Elle est parfois contradictoire d’un texte à un autre, ou d’une source à une autre, et elle déclenche toujours des passions, ce qui ne permet pas une juste observation et une juste reconstitution de l’histoire d’après des éléments confirmés. De plus, le penchant des historiens, induit par leur propre culture et religion, dévie leurs observations et conclusions.

Il est aussi profondément regrettable que la plupart des traductions des Évangiles emploient à tort le mot "juif", "les Juifs", etc. Ce fait a semé la confusion et l’erreur dans les esprits, jusqu’à nos jours.

Les Évangiles ont joué un rôle important dans l’accusation qui a été portée à tort sur les Juifs. Certains passages sont douteux (par exemple, ils sont absents dans d'autres Évangiles et d'autres sources). Avec les Évangiles, les traductions ont autant contribué accuser les Juifs.
Extrait de l’Évangile selon Jean (chap. 18, v. 14) :

"Caïphe fut celui qui donna ce conseil aux Juifs : il est avantageux qu'un seul homme meure pour tout le peuple"

Cette partie n’est pas trouvée dans tous les Évangiles.
"Conseil aux Juifs". Qui sont ces "Juifs" ?
En parlant des "Juifs", ce qui est exprimé dans ce texte et sa traduction accuse tous les Juifs, tous sans exception, même les nourrissons.
Le ou les rédacteurs ne se sont pas embarrassés à porter attention à ce qu'ils ont écrit.

Pour rappel encore, à l’époque de Jésus, il n’y avait pas de Juifs, cette croyance n’existait pas encore.
Cet extrait des Évangiles n’est pas le seul qui pourrait être cité comme accusateur des Juifs, accusateur dans le tort.
Les Évangiles ont joué ce rôle dans la persécution des Juifs et les abominations dont les Juifs ont été victimes, bien loin de "l’amour chrétien", bien loin du "pardon chrétien" si est supposé que les Juifs aient été coupables, et bien loin de la justice puisque le mensonge a dominé et subsisté, ne laissant que l’injustice et des monstruosités commises envers les Juifs.
Il est impossible d’imputer la mort de Jésus aux Juifs, et il est autant impossible d’imputer la mort de Jésus aux Judéens.
Il est nécessaire de le redire clairement : les Juifs n’ont pas tué Jésus, ni les Judéens. Les Romains ont décidé de la mort de Jésus, et les Romains ont tué Jésus.

Le second concile œcuménique catholique du Vatican, concile chrétien connu sous le nom de Vatican II (qui s’est tenu d’octobre 1962 à décembre 1965 de l’ère chrétienne) a explicitement reconnu que les "Juifs" de l’époque de Jésus n’étaient pas plus responsables que les Romains, ni plus responsables que les Chrétiens eux-mêmes.
Notons encore que le mot "Juifs" y est employé, faisant la même erreur que depuis des siècles, alors que le concile voulait parler des Judéens, qui n’étaient pas juifs puisque le judaïsme n’existait pas encore.
Ce même concile a reconnu aussi explicitement que les Juifs d’aujourd’hui n’en étaient pas responsables non plus (en cette partie le mot "Juifs" désigne à juste titre les adeptes du judaïsme, car cette croyance existe de nos jours).
Sauf erreur, ces conclusions ou aboutissements figurent dans la déclaration "Nostra Ætate" (signifiant "notre époque" ou "à notre époque"), concernant les relations de l’église catholique avec les religions non chrétiennes.
Auparavant, en 1959 le pape Jean XXIII avait fait retirer de la liturgie des mentions anti juives telles celle qualifiant les Juifs de "perfides".
Malheureusement, toutes les églises n’ont pas ainsi évolué vers la vérité, le regret, la reconnaissance de leurs fautes et le repentir. Il existe encore des églises et des prêtres aux idées arriérées, attardées, aux connaissances maigres ou altérées, qui propagent encore le mensonge, la même idée raciste et anti juive qui prétend que "les Juifs ont tué Jésus".
Répéter ces propos est du harcèlement. Ils sont parfois répétés sans aucune raison.
De tels propos constituent une persécution, et ils ont induits des faits en lesquels des millions d’innocents ont payé de leurs vies ces dires abjects.
Les personnes, les églises et leurs prêtres qui propagent encore de tels propos devraient prendre conscience de leur gravité, devrait regretter, demander pardon, et le dire à ceux à qui ils ont tenu ces propos.
Du point de vue religieux chrétien, il n’est pas chrétien de mentir, ni de propager un quelconque mensonge, à fortiori s’il a produit et produit encore de la haine, de tels maux, jusqu'à avoir causé l’assassinat de tant d’innocents dans le monde et durant des siècles.
Également, de telles propagations de mensonges, qui ont incité à la haine, qui ont produit de la violence et de la terreur, sont à l’extrême opposé de "l’amour chrétien" tant répété par les Chrétiens.

Concernant l’emploi du mot "juif", il est profondément regrettable que nul n’ait établi de distinction entre le judaïsme, qui est une croyance religieuse, et la population de Judée qui n’en était pas adepte (le judaïsme n’existait pas encore). Il n’existait à cette époque que quelques Pharisiens, une secte minoritaire à l’époque de Jésus, parmi d’autres sectes et courants qui existaient à cette époque. Certes, certains passages dans les Évangiles et les problèmes de traduction dans les autres langues ont probablement contribué à cette malheureuse confusion (cf. ce qui précède). Mais, le manque de connaissances, et surtout la volonté de persécuter les Juifs, tous les Juifs, tous prétendus coupables, a causé le plus de mal.
Car, le fond des Évangiles, dont certains passages peuvent être pris pour de l’antijudaïsme explicite, et les problèmes de traduction, ne peuvent être la cause de tous les maux, ne peuvent être la cause des actes criminels. Car, il faut une volonté criminelle pour passer à des actes criminels, ou faire agir les autres en criminels.

Dire encore que "les Juifs ont tué Jésus" devrait être jugé et réprimé comme le racisme, l’antisémitisme et l’incitation à la haine.

Ni LES Juifs, ni LES Judéens ont tué Jésus, ni DES Juifs, ni DES Judéens.
Au contraire, c’est en Judée et parmi des Judéens que Jésus a eu des partisans.
Mais des Chrétiens ont persécuté, spolié, maltraité, et même assassiné, des millions de Juifs.
Mais les Juifs n’ont pas rendu les coups, n’ont pas rendu le mal. Ainsi, les Juifs ont pardonné.

Autres aspects.
Concernant le terme "antisémitisme", il s’agit presque toujours d’antijudaïsme, et pas d’antisémitisme. Comme pour les termes "Juifs", "Judéens", et d'autres encore, une grande confusion règne, en partie causée par le judaïsme. Car, le judaïsme a tout fait pour que "Juif" devienne synonyme de "Judéen", et aussi synonyme de "Israélite". Or, un Juif n'est pas forcément un Judéen, ni forcément un Israélite. Un Juif est une personne qui croit au judaïsme, une croyance née dans les circonstances exposées ci-avant.
Le judaïsme a agit ainsi pour se prétendre religion d'Israël, de tout Israël, de tous les Israélites. Le judaïsme et ses guides, les rabbins, devenaient alors les seuls à prétendre qui est israélite ou non, selon les règles de judaïsme (par conversion ou par sa mère, ce qui ne se vérifie pas dans la Bible). C'est pour des raisons religieuses et par une volonté hégémonique que le judaïsme à voulu cette confusion, afin que l'on pense et dise "est israélite qui est juif", et inversement, ce qui est faux.

Étymologiquement, l’antisémitisme est composé du nom de Sem, qui était l’un des fils de Noé. L’antisémitisme est donc l’aversion envers les Sémites, soit les descendants de Sem, que nul aujourd'hui ne pourrait distinguer.
Les Israélites sont descendants de Sem, mais ne sont pas les seuls Sémites. Et les Israélites ne sont pas forcément des Juifs (le judaïsme le prétend, mais par ses interprétations et par ses amalgames trompeurs).
De la même manière, les Juifs ne sont pas forcément Sémites (descendants de Sem) et pas forcément Israélites. Car, le judaïsme est une croyance religieuse, pas une ethnie familiale ou une dynastie. Beaucoup de Juifs ont des origines ethniques diverses. Ils se sont convertis au judaïsme, ou leurs ancêtres.

L’aversion envers les Juifs est donc de l’antijudaïsme, pas de l’antisémitisme.
Même les dictionnaires et encyclopédies font cette faute en confondant Juifs et Sémites, antisémitisme et antijudaïsme.
Une résolution du Parlement européen commettrait la même faute. Extrait :

"L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard."

Sauf erreur, cette phrase est extraite de la version française de "La définition opérationnelle de l’antisémitisme" sur laquelle se serait appuyé le Parlement européen pour une résolution contre "l’antisémitisme", en date du 1er juin 2017.
Le Parlement européen voulait parler d’antijudaïsme, et aurait dû employer ce terme plutôt que celui d’antisémitisme.
Une grande confusion a existé, qui subsiste encore, et cette confusion des termes, des personnes et des temps, a joué un rôle important dans l’inhumanité des persécutions et des horreurs commises.
Pour mieux comprendre les sens des différents termes : cliquez ici.

Les autres aspects religieux, les divergences religieuses, les désaccords, etc. ne sont pas abordés. Il s’agit d’autres sujets, sans rapport avec l'occurrent.


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