L'israélisme est la véritable religion d'Israël.
Le judaïsme prétend être la religion d'Israël, mais le judaïsme est un dérivé de la religion d'Israël.

Translation תרגום



Israélisme : notions de base

Cette page se lit et se comprend avec sa consœur sur les termes et définitions . Ne manquez pas de vous y référer régulièrement. Pour l'étudier, cliquez ici

Quelques mots et phrases en hébreu sont employés. Pour que l'hébreu apparaisse, il vous faudra peut-être activer la prise en charge linguistique de votre système d'exploitation et/ou de votre navigateur.

L'étude n'est pas finalisée. Elle ne peut l'être en l'absence des manuscrits originaux légués par Moïse, et d'autres complétant les siens. L'humanité ne dispose aujourd'hui que de copies, toutes plus ou moins susceptibles d'erreurs, voire d'altérations volontaires.
Les buts recherchés sont le rétablissement d'une connaissance plus juste de la Foi d'Israël, l'israélisme, et une mise en pratique plus juste de ce qu'elle demande.

En hébreu un commandement se dit une מצוה "mitsva", au pluriel des מצות "mitsvot".

Il est important de souligner que ce qui suit n'est pas l'avis d'une personne ou plusieurs, mais ce qui se détache de l'étude biblique. Des références uniquement bibliques sont citées.

Si vous n'avez jamais lu la Bible, au moins le Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible) vous ne comprendrez rien à ce qui suit, et vous rejetterez le tout. Lisez le Pentateuque avant d'étudier cette page web, ou lisez le simultanément grâce aux références citées.
 

© Copyright Hervé Taïeb 2006-2017, tous droits réservés à l'auteur.

La reproduction, la traduction, l'utilisation intégrale ou partielle des termes, des définitions, des idées, sont interdites et font appel au droit d'auteur.

Aux personnes bien intentionnées : SVP, ne "copiez/collez" rien de cette page sur un autre site, blog, forum, etc. Certaines personnes le font en ignorant les mentions qui précèdent.
Pour aider la diffusion de la Tora, placez un lien vers cette page, partagez la dans vos réseaux sociaux. Merci de votre compréhension et de votre aide pour rétablir la Tora. Lien vers cette page :
http://hervetaieb.org/isr/notions.htm

Aux plagiaires, pilleurs d'idées, fruit du travail des autres : merci de vous en abstenir.




En plus de cette page, d'autres études sont aussi disponibles : sommaire des études
Une autre dite "FAQ" (forum aux questions) la complète. Israélisme : FAQ

Derniers apports à cette page, avril 2017 : les sources de la Bible



Sommaire

1 - Juif, Israélite, Hébreu, Sémite ?
2 - Sens du mot "juif"
3 - Pourquoi seulement les "Juifs" ("Judéens")
4 - Juifs et persécutions
5 - Les patriarches
6 - La nation d'Israël
7 - Moïse
8 - Dans le désert
9 - Les écrits
10 - Les prophètes
11 - La "loi orale"
12 - Le rabbinisme
13 - L'exil
14 - Les tribus "perdues" d'Israël
15 - L'état "moderne" d'Israël
16 - Les Prêtres
17 - La Foi d'Israël
18 - Le messie
19 - Comment prononcer Israël ?
191 - Observations et explications
20 - Les sources de la Bible


*
* *

Israélite, israélien, juif, israéliste, hébreu, sémite ? Quel terme employer ? Que signifient ces mots ? Quelles sont leurs différences ?

Quelques mots, définis en quelques mots :

- Hébreu : Les Hébreux sont les descendants d'Abraham, qui fut appelé en langue hébraïque העברי "ahivri", soit "le traverseur" pour avoir traversé le pays de Canaan. Le mot "hivri" a donné "hébreu" en français. NB : "traverseur" n'est pas un mot français, mais une tentative de traduction proche.
Abraham était le grand-père d'Israël. Il fut aussi le patriarche d'autres ethnies. La Tora (Pentateuque) resserre ensuite l'appellation עברים "Hébreux" sur les seuls descendants d'Israël, soit les Israélites.

- Israélite : Les Israélites sont les descendants de Jacob, petit-fils d'Abraham. Jacob fut ensuite renommé Israël. Avec sa fille Dina et ses douze fils, ce sont les premiers Israélites. Leurs descendants (par le père) sont des Israélites.

Israélien : Il s'agit d'une nationalité, celle des citoyens de l'état moderne d'Israël. Ces citoyens ne sont pas forcément des Israélites.

Israéliste : Les israélistes sont les fidèles de l'israélisme. L'israélisme est la religion d'Israël, telle que rapportée par la Tora (Pentateuque).

Juif : Les Juifs sont les fidèles du judaïsme. Le judaïsme est une religion dérivée de celle d'Israël. Le judaïsme aurait commencé vers l'époque du scribe Ezra, en français Esdras, qui accompagna le retour d'exil des Judéens (population de Judée, majoritairement composée des descendants de Juda, un des douze fils d'Israël). Ils ne constituaient qu'une partie du peuple d'Israël.
Juif, juive, judaïsme, sont des mots qui proviennent du nom de Juda, et des judéens.

Sémite : Il s'agit des descendants de Sem, un des fils de Noé. Les Israélites font partie des Sémites, mais ne sont pas les seuls Sémites.

Plus d'explications :
Juif et Israélite sont des termes souvent utilisés en synonymes. Toutefois, deux sens distincts doivent leur être accordés (cf. ci-dessus, et ci-après en rubrique "sens du mot juif").
Selon les lieux et époques, des confusions ont été faites, qui perdurent encore.
La langue française a parfois employé le terme "Israélite", mais il est tombé en désuétude lors de la création de l'état d'Israël (rubrique L'état "moderne" d'Israël), le langage confondant souvent Israélien et Israélite (nationalité israélienne et religion israélite).
Certaines populations ont aussi évité de prononcer le mot "juif", celui-ci ayant pris pour elles une consonance péjorative, voire injurieuse, à cause de vivaces idées anti juives. Ces idées créèrent les persécutions qui ont poursuivi les Juifs, rendus "personnes indésirables, non fréquentables". Les Juifs étaient alors un sujet à ne pas aborder, et "juif" un mot à ne pas prononcer. Aujourd'hui encore, il arrive d'entendre certaines personnes âgées (non juives) s'excuser avant de prononcer le mot "juif" si elles doivent le dire dans une conversation. Certaines autres (des personnes d'origine italienne, par exemple, mais pas seulement) contournent le mot "juif" et disent "les Hébreux", pour ne pas dire "les Juifs". Parfois le terme israélite revient, utilisé à bon escient.
D'autres personnes encore, qui n'osent dire "juif", emploient un terme aux syllabes inversées, "feu-jui", qui a donné "feuj". Ce dernier terme est issu du langage familier. Il est péjoratif, voire injurieux. Même s'il n'est pas employé comme tel, il ne vaut pas mieux que les termes comme "youpin".

Dire "feuj" n'est pas respectueux du terme d'origine, qui, lui, devrait être prononcé avec le respect et la dignité qui lui sont dus.

Dire "feuj" n'est pas respectueux envers les Juifs.

Il est extrêmement regrettable que ce mot familier, "feuj", soit employé, et, de surcroît, par les Juifs à leur propre adresse.

- Concernant le mot "Hébreu", ce terme vient de la langue hébraïque, du verbe לעבר (se prononce "lahavor") signifiant "traverser".
C'est Abraham qui est appelé העברי "l'Hébreu" dans la Tora (Genèse XIV, 13).
Selon certaines croyances et explications, Abraham aurait été appelé ainsi pour avoir traversé l'Euphrate, afin de se rendre au pays de Canaan. Mais, cette traversée de l'Euphrate n'est pas mentionnée dans la Tora. Ce que la Tora mentionne est une "traversée" du pays de Canaan (Genèse, XII, 6 ויעבר אברם "Abram traversa", en rapport avec le verset précédent qui mentionne son arrivée en pays de Canaan).
Abraham fut le père de plusieurs nations, dont les Israélites. Cette remarque pourrait conduire à appeler "Hébreux" tous les descendants d'Abraham, les Israélites et les autres descendants d'Abraham. Cependant, la Tora semble n'appeler עברים "Hébreux" que les Israélites (descendance d'Abraham de la branche d'Israël) (se référer à Exode II, 6 ; Exode V, 3, entre autres références). Il n'est pas trouvé d'exemple sans confusion possible, dans le texte biblique actuellement connu, en lequel עברי "Hébreu" ou עברים "Hébreux" serait employé à propos d'autres descendants d'Abraham que les Israélites.
- Le terme "sémite" vient du nom de Sem. Sem était un des fils de Noé (Genèse, V, 32). Une descendance importante lui est citée (Genèse X, 1). Parmi cette descendance se trouve Abram (dont le nom fut changé en Abraham). Cette lignée (par les pères) est clairement indiquée en Chroniques I, chapitre I, verset 24 et suivants. Abraham a eu aussi une nombreuse descendance, et fut le grand-père d'Israël.
Le terme "sémite" concerne donc tous les descendants de ces personnages depuis Sem. Les Israélites ne sont qu'une partie des Sémites.
De nos jours "antisémite" est souvent employé dans le sens de "anti juif", "hostile aux Juifs" (même les dictionnaires donnent cette définition, font cette erreur). "Antisémite" est aussi employé dans le sens de "anti israélien". Ce sont des erreurs très courantes, commises aussi en Israël, malheureusement.
- Retour au sommaire -


Sens du mot " juif "
Le mot "juif" vient du nom hébreu יהודה , qui se prononce "Yéhouda".
יהודה Yéhouda était un des douze fils d'Israël. Yéhouda a été nommé "Juda" dans les traductions de la Bible.
Yéhouda a engendré des fils, ceux-ci ont eu à leur tour une descendance, et ainsi de suite durant des générations, jusqu'à former une nombreuse famille. Cette famille, la famille de Yéhouda, est aussi appelée tribu, la tribu de Yéhouda.
Un descendant de cette tribu est un יהודי "Yéhoudi", c'est à dire un membre de la famille de Yéhouda.
En langue française Yéhoudi est traduit par "Judéen", et la terre de la tribu de "Juda" est la "Judée". La Judée est une partie du territoire d'Israël, celle qui fut donnée à la tribu de Yéhouda parmi les autres tribus d'Israël.
De l'hébreu Yéhoudi, les Grecs ont adopté la forme Ioudaios, dont les Latins ont tiré judaeus, ce qui a donné juif en langue française. Le F qui termine le mot français est mal expliqué.
De même que Yéhouda, les autres fils d'Israël ont eu leurs descendants. Ceux-ci, au fil des générations, ont formé de grandes familles (ou tribus). L'ensemble des familles (ou tribus) d'Israël a formé la nation d'Israël.
Un descendant d'Israël est un ישראלי "Israéli", c'est à dire un membre de la famille d'Israël. Ainsi, un membre de la famille de דן Dan, par exemple, est à la fois un Dani et un Israéli, de même qu'un membre de la famille de Yéhouda est à la fois un Yéhoudi et un Israéli. En langue française un Israéli se dit un "Israélite".
Il est aisé de comprendre que le mot Juif, issu de Yéhouda, ne désigne qu'une seule tribu d'Israël, celle de Yéhouda. L'emploi du mot Juif à propos de tous les Israélites et de la Foi d'Israël est une erreur qui s'est perpétuée pendant longtemps, une erreur encore très répandue aujourd'hui, malheureusement.
Pour parler de la Foi d'Israël, il conviendrait de parler d'israélisme, et non de judaïsme (l'israélisme est un terme nouveau apporté en juin 2009).
L'israélisme n'est pas une nouvelle religion, mais une très ancienne religion. Elle est bien connue : c'est celle du Pentateuque (Pentateuque ou Tora : cinq premiers livres de la Bible). L'israélisme est la religion d'Israël, aujourd'hui à faire renaître et à rétablir.
Un fidèle de l'israélisme est un Israéliste (second terme nouveau apporté à la langue française. La terminaison "iste" est la même que dans bouddhiste, pentecôtiste ou encore hindouiste).
Un fidèle du judaïsme est un Juif.
Concernant cette dernière religion, le judaïsme, elle est issue du "rabbinisme". Le judaïsme est une religion rabbinique, entre autres religions dont l'origine est rabbinique.
Le judaïsme est une religion issue de celle d'Israël, comme d'autres religions encore, mais le judaïsme n'est pas la religion d'Israël. Le judaïsme est un dérivé. Lire aussi la rubrique le rabbinisme .
- Retour au sommaire -


Pourquoi seulement les "Juifs" ("Judéens")
Des douze tribus d'Israël, pourquoi parle t-on seulement des Juifs (Judéens, la tribu de Juda) ?
Il y a environ 2600 ans, Nabuchodonosor, roi de Babylone, vainquit Sédécias, roi de Juda. Sédécias était seulement roi de Juda parce qu'à cette époque une division avait séparé les Israélites. Deux royaumes existaient : le royaume d'Israël et le royaume de Juda.
Nabuchodonosor déporta la population du royaume de Juda (ce ne fut pas l'ensemble du peuple d'Israël). Les déportés Judéens en terre étrangère furent alors appelés יהודים "Yéhoudim", du nom de leur tribu ( יהודה Yéhouda). (Pour rappel : en langue française "Yéhoudim" donna "Juifs", via Ioudaios et Judaeus, cf. ci-dessus).
C'est à partir de ce premier exil, à Babylone, qu'on appela ces déportés en terre étrangère des יהודים "Yéhoudim", "Juifs". Pour rappel : ce mot ne désigne que les Judéens, qui ne constituent pas l'ensemble des Israélites.
Il y a environ 2500 ans, les Judéens retournèrent sur leur terre, la terre d'Israël, sous la conduite d'Ezra (Esdras en français). Il s'efforça de rétablir la Tora, la loi de Moïse (appelée aussi "loi mosaïque"). Ezra reconstitua au mieux l'héritage qui parvint à lui. Cependant son époque se situait plusieurs siècles après celle de Moïse (celle de Moïse est difficile à préciser, elle est estimée se situer il y a 3100 à 3300 ans). Au fil des siècles, la Tora avait déjà subi pertes et altérations.
Les connaissances et pratiques religieuses subirent d'autres pertes et altérations les siècles suivants, surtout du fait de l'apparition de nouveaux guides spirituels, des rabbins, que la loi mosaïque n'avait jamais institués. Leurs méthodes, surtout celle donnant des interprétations, firent dériver encore la religion qu'ils avaient créée, soit le judaïsme (nom tiré de celui de Juda, cette religion s'étant construite dans la population judéenne, soit la population de la tribu et du territoire de Juda).
Les guides spirituels légitimes du peuple d'Israël furent écartés par les rabbins, et ces derniers remplacèrent les premiers. Les rabbins prirent le pouvoir et le tiennent encore. Le judaïsme dérive depuis et jusqu'à nos jours, en supplantant la religion d'Israël, mais en prétendant détenir et pratiquer la religion d'Israël. Pourtant, de nombreuses et profondes différences existent (exposées en cette page et celle de présentation de l'israélisme ).
- Retour au sommaire -


Juifs et persécutions
Certaines langues ont conservé le nom "Juda" prononcé "Youda", sans déformation par Ioudaios, Judaeus, Juif. Tout "Juda" "Youda" "Juif" fut alors confondu avec un autre personnage du même nom dans le canon chrétien. Ce "Juda" (ou "Judas") du canon chrétien est associé à la traîtrise. Il est accusé d'avoir, par un baiser, désigné Jésus aux soldats romains et l'avoir ainsi livré à la mort.
Si ce "Youda/Juda" (ou "Judas") avait porté le nom de Barthélemy, Matthieu, Thomas ou un autre, il n'y aurait pas eu autant de confusion entre ce "Juda" et tous les "Youda/Juifs", et donc peut-être moins de haine et persécutions envers tous les "Youda/Juifs", qui les ont subies durant des siècles.
Le S qui, en langue française, termine le nom de ce personnage ("Judas") a probablement été ajouté pour le distinguer des autres personnages bibliques du même nom ("Yéhouda", en langue française "Juda"). Cependant, ce n'est qu'en langue française, et ce S ne se prononce ni ne s'entend. La confusion a donc été vivace, et le mal avec.
- Retour au sommaire -


Les patriarches
L'homme d'Eden, communément appelé "Adam", est le premier ancêtre de la nation d'Israël. C'est le premier patriarche d'Israël. Le livre de la Genèse, בראשית, énonce la descendance d'Adam sur plusieurs générations. Parmi les personnages importants de cette descendance se trouve Noé, puis Abraham. Ce sont aussi des patriarches. Abraham est le père d'Isaac. Isaac est le père de Jacob. Jacob fut nommé "Israël" (Genèse XXXII, 29).
C'est cette lignée : Adam, ... Noé, ... Abraham, Isaac, Jacob-Israël, qui est celle de la nation d'Israël.
- Retour au sommaire -


La nation d'Israël
Israël est le second nom donné à Jacob (deux noms pour un même personnage). Jacob-Israël a eu douze fils et une fille. Ses fils ont eu des descendants à leur tour. De génération en génération, les descendants d'Israël sont devenus nombreux et ont formé une nation : la nation d'Israël. Ces descendants sont les Israélites.
Jacob-Israël est le père de cette nation, au sens propre du terme, c'est son patriarche. (Nation : communauté humaine, le plus souvent installée sur un même territoire, qui possède une unité historique, ethnique, linguistique et culturelle plus ou moins forte.)
On est Israélite par son père (non par sa mère comme le prétend le judaïsme. On est Israélite si le père est Israélite, même si la mère n'est pas Israélite. Tous les exemples et personnages bibliques indiquent que l'appartenance à la nation d'Israël s'établit par le père.
On est Israélite par filiation exclusivement. C'est pourquoi, lorsque la Bible nous présente un personnage, elle nous indique sa filiation (untel, fils de x, fils de y, ...). Il s'agit toujours de la filiation par le père. Certains personnages bibliques dont la filiation est inconnue, tel que Job, sont des personnages dont l'existence est mise en doute par nombre d'érudits, tant dans le judaïsme et le christianisme que dans l'israélisme.
Choisir la Foi d'Israël, s'y convertir, est bien sûr chose possible, souhaitable et souhaitée. Cependant, cela ne peut rendre Israélite la personne qui se convertit, la filiation d'une personne étant immuable.
- Retour au sommaire -


Moïse
Plusieurs siècles après Abraham, alors que la nation d'Israël s'était installée en Égypte, l'Éternel se révéla à Moïse et lui demanda de guider les Israélites vers une autre terre, promise par l'Éternel depuis Abraham pour sa descendance.
Le pharaon refusa de laisser partir les Israélites qui, au fil des générations, avaient été réduits à l'esclavage. L'Éternel affligea alors l’Égypte de plusieurs "plaies", et les Israélites partirent d’Égypte, guidés par Moïse.
Moïse fut probablement le plus important prophète de l'histoire d'Israël. Sur ordres divins Moïse institua les commandements et les écrivit dans la Tora.
- Retour au sommaire -


Dans le désert
Manquant de confiance en l'Éternel, et ayant décrié la Terre Promise, les Israélites ne purent bénéficier aussitôt de celle-ci. Ils subirent une errance de quarante années dans plusieurs lieux désertiques.
Depuis le départ d'Egypte, sur les ordres de l'Éternel, Moïse institua de nombreuses lois et préceptes. C'est le premier code écrit et le premier Droit protecteur de l'humanité. Bien des codes civils, dans plusieurs états actuels, sont basés sur le modèle biblique (même si les sociétés dites modernes l'ont oublié ou en réfutent le fait).
Ces lois et préceptes sont connus en hébreu sous le nom de מצוה "mitsva" au singulier, מצות "mitsvot" au pluriel.
Le judaïsme comme l'hébreu "moderne de l'homme de la rue" emploient aujourd'hui le mot mitsva dans le sens de "bonne-action" ("j'ai fait une mitsva" est souvent dit pour "j'ai fait une bonne action"), ce qui est faux.
Une mitsva est un ordre, un ordre Divin ou "commandement". Les mitsvot furent instituées par Moïse à son époque, sur injonctions divines.
Il est faux de limiter les commandements au décalogue (décalogue : dix commandements). Celui-ci n'est qu'une partie. On compte plusieurs centaines de mitsvot.
- Retour au sommaire -


Les écrits
L'ensemble des lois, préceptes et principes institués par Moïse sont appelés Tora, ce qui se traduirait au mieux par "doctrine".
Sur les ordres de l'Éternel, Moïse consigna rigoureusement la Tora par écrit. Ses écrits furent légués aux Prêtres de l'Éternel, pour Israël. Ils accompagnaient l'Arche d'Alliance (Deutéronome, XXXI, 24-26, entre autres versets). Les écrits originaux et l'Arche d'alliance sont aujourd'hui introuvables. La Tora actuellement connue serait postérieure à l'établissement d'un roi en Israël (lire "La Bible Plus Justement", commentaires des versets Genèse, XXXVI, 31, et Exode, XVI, 35). Elle aurait été réécrite et transmise de génération en génération, non sans altération toutefois. Elle est au moins indéniablement incomplète (lire "La Bible Plus Justement" : à la fin du Deutéronome, il manque deux tribus dans les bénédictions de Moïse).
Pour ses écrits Israël est aussi appelé le "Peuple du Livre".

La transmission orale n'est que de courte durée. Elle se déforme, s'altère, se perd. La francophonie connaît ce dicton : "les paroles s'envolent, les écrits restent."
Les écrits actuellement connus ont été regroupés en un ensemble appelé en hébreu חומש, en français "Pentateuque", parce qu'il est composé de cinq livres.
Ces livres sont : la Genèse בראשית (se prononce en hébreu "béréchit"), l'Exode שמות (se prononce en hébreu "shémot"), le Lévitique ויקרא (se prononce en hébreu "vayikra"), les Nombres במדבר (se prononce en hébreu "bémidbar"), le Deutéronome דברים (se prononce en hébreu "dévarim"). Ces cinq livres forment la תורה Tora.
A ceux-ci s'ajoutent d'autres écrits appelés "Prophètes", et d'autres encore appelés "Hagiographes".
Le regroupement de ces écrits (Tora, Prophètes, Hagiographes) est appelé "Bible".
D'autres écrits ont été écartés de la compilation biblique. Celle-ci a été faite par le rabbinisme, qui établit sa sélection. Ces textes écartés de la Bible, bien qu'aussi intéressants que d'autres, sont appelés "apocryphes", du latin "apocryphus", du grec "apokruphos" signifiant "secret", d'où le nom d'apocryphes parce que le rabbinisme, selon ses branches, a tenu à garder des secrets.
Les écrits actuellement connus sont la source la plus ancienne et la moins altérée dont dispose l'humanité. Ils sont à étudier avec intérêt, mais aussi circonspection.
- Retour au sommaire -


Les prophètes
Un prophète est un porte-parole de l'Éternel (Deutéronome XVIII, 18). Ne peut se déclarer prophète qui veut, ni être déclaré comme tel par qui le voudrait. Un prophète répond aux conditions qui suivent.
Le livre du Deutéronome (chapitre XVIII, versets de 18 à 22) nous éclaire pour établir une définition au mot prophète, et pour reconnaître qui serait un faux prophète.
1/ un prophète doit être un Israélite (un descendant de Jacob-Israël cf. ci-avant : La nation d'Israël) car le verset Deutéronome, XVIII, 18, précise מקרב אחיהם "du milieu de leurs frères", et ne dit pas מקרב עמם "du milieu de leur peuple". (Peuple d'Israël : Israélites + non-Israélites établis parmi les Israélites).
2/ ) un prophète agit sur l'ordre de l'Éternel exclusivement (versets 18 et 20), et parle en son nom (verset 22).
3/ un prophète qui parle au nom de l'Éternel dit ce qui lui a été ordonné de dire sans s'en écarter.
4/ un prophète annonce quelque chose à l'avance, et (lire la suite).
5/ ce qui a été annoncé doit se réaliser (le verset 22 s'exprime au futur. Si ce qui a été annoncé n'arrive pas (ולא יהיה ולא יבא "ne sera ni ne viendra") il s'agit alors d'un faux prophète. Fut-il faiseur de prodige, il peut s'agir d'un faux prophète, se référer au livre du Deutéronome, XIII, 2-5).
- Retour au sommaire -


La "loi orale"
Parler de "loi orale" et de "Tora orale" sont des erreurs très populaires, et très difficiles à redresser.
La Tora est écrite. Aucune mitsva n'émane d'une quelconque "Tora orale" ou "loi orale". Toutes les mitsvot proviennent de la Tora, et seulement de la Tora (elles sont donc écrites).
Bien entendu, parallèlement à la Tora, la mémoire collective avait des connaissances supplémentaires, complémentaires, qui éclairaient encore les mitsvot (lois ou commandements). Un exemple : les ציצת "tsitsit" (ou peut-être "tsitsoth"). La seule signification de ce mot provient de la mémoire collective, ou devrait en provenir. Car, malheureusement, celle-ci est très défaillante, altérée.
Pour la majorité des Juifs d'aujourd'hui, les ציצת "tsitsit" ("tsitsits", "tzitzit" ou encore "tzitzits") sont des fils de laine qui pendent aux quatre angles d'un vêtement rectangulaire déclaré comme tel.
En réalité, la Tora demande de faire à ses vêtements des "tsitsit", ce qui serait vraisemblablement des "tresses". Elles seraient d'un nombre de fils (ou brins de laine) non précisé, et d'un mode de tressage non précisé non plus. A cette tresse, la Tora demande d'y ajouter un autre fil, peut-être aussi une "mèche" ou un "cordonnet" (traduction difficile) de couleur azur. De nos jours, la mémoire collective a oublié comment étaient faites ces tresses, elles étaient peut-être faites différemment, au choix des individus. On a même oublié que ces tresses et ce cordonnet qui y était ajouté étaient choses distinctes. On a encore oublié la couleur précise de ce cordonnet, on n'en connaît même pas la nuance, sinon qu'elle devrait se rapprocher de l'azur. Certains prétendent que ce serait l'azur "soleil couchant", aux nuances pourpres. En fait, nul ne le sait, ni ne pourrait le prétendre avec affirmation, encore moins avec certitude. Le mode de teinture de la laine et la composition de la teinture bleue se sont perdues.
En hébreu d'aujourd'hui, le mot ציץ "tsits" signifie "bourgeon" et ציצת "tsitsit" se traduirait par "touffe".
- La proximité des deux mots n'est-elle qu'une homonymie ?
- Les "tresses", s'il s'agit bien de cela, étaient-elles roulées en forme de bourgeon, et non pendantes comme le font les fidèles Juifs (rabbiniques) de nos jours ?
- Ou encore les "tsitsit" étaient-ils de petites touffes de laine au liseré bleu, cousues aux pans des vêtements ?
Ce sont toutes ces connaissances qui, en marge de la Tora (écrite), éclairaient celle-ci. C'est ce qu'il y avait de transmission orale : des informations complémentaires et importantes, mais non des lois.
Beaucoup de ces connaissances se sont perdues au fil des siècles.
La notion de "Tora orale" ou "loi orale" est propre au judaïsme (religion rabbinique). Cette religion est née d'autorités religieuses autoproclamées et défendues par le peuple. Ces "autorités" ont reconnu la perte des leurs connaissances. Un célèbre rabbin, il y a environ 18 à 19 siècles, disait à son époque que la transmission orale était "méconnaissable". Il entreprit alors de regrouper par écrit les connaissances qui lui étaient parvenues de ses prédécesseurs.
Dans l'exemple des "tsitsit", les Juifs les font aujourd'hui de fils de laine laissée sans coloration. Les Juifs sont d'ardents défenseurs d'une prétendue "loi orale" qu'ils reconnaissent déformée, déficiente, mais qu'ils soutiennent pourtant avec virulence.
De nos jours, les pratiques traditionnelles provenant d'influences étrangères et de l'exil, provenant aussi des superstitions, des croyances, des légendes, de l'ésotérisme et d'autres facteurs encore, intégrés par le judaïsme, ont largement pollué la transmission orale du savoir qui complétait la Tora écrite. (Quelques exemples : bains rituels, héné, craintes populaires telles que : Satan, dibbouk, Golem, aïne ara, etc. ...).
Bien du savoir s'est perdu, cependant, l'étude sérieuse de la Tora permet de comprendre, retrouver et redresser.
- Retour au sommaire -


Le rabbinisme
Lorsque l'on parle de judaïsme, il faut bien savoir qu'il s'agit d'une religion rabbinique, ou judaïsme rabbinique.
Les rabbins, uniques dirigeants et décisionnaires du judaïsme, sont des "guides spirituels" autoproclamés, des "autorités religieuses" auto instituées. Ils sont hélas maintenus et défendus par le peuple juif depuis des millénaires. Ces "guides" ou "autorités" sont cependant illégitimes.
Les véritables guides spirituels, parfois autorités, sont clairement désignés par la Tora : ce sont les כהנים Cohanim ("Cohanim" : pluriel de כהן "Cohen". Lire la rubrique Les Prêtres ). Dans le judaïsme un Cohen n'a pas vraiment de place ou rôle significatif, sinon quelques parties de la liturgie juive qui leurs sont attribuées. La plupart des Cohanim de nos jours sont malheureusement des fidèles du Judaïsme. Les Cohanim devraient être les premiers fidèles et gardiens de l'israélisme.
Outre les Cohanim, les autres guides ou autorités dans la Tora sont les prophètes (un prophète est un porte-parole de l'Éternel, à qui l'Éternel a ordonné mission. Lire la rubrique Les prophètes).
Nul rabbin vivant ou ayant vécu ne peut prétendre, comme les Cohanim et les prophètes, avoir reçu mission de la part de l'Éternel.
Le rabbinisme a donné naissance à plusieurs religions. D'entre elles, le "judaïsme", prétend être la Foi d'Israël. De fait, il s'agit d'une autre religion, une religion plus ou moins éloignée de la Foi d'Israël (ou israélisme). Cliquez ici pour connaître certaines différences entre israélisme et judaïsme.
Les deux religions sont malheureusement confondues, et le judaïsme supplante même la Foi d'Israël. La Foi d'Israël ou israélisme est malheureusement de nos jours quasiment inexistante, à redécouvrir et à faire renaître après des siècles de judaïsme rabbinique. C'est parce qu'il supplante la Foi d'Israël qu'il est nécessaire de parler du judaïsme, au contraire des autres religions nées du rabbinisme.
Bien qu'illégitimes, si les rabbins s'étaient avérés justes guides, ils mériteraient alors le respect. Malheureusement, ils ont contribué à l'égarement du peuple (cf. ce qui précède et suit, parmi d'autres reproches à leur faire).
Paroles de Moïse (Deutéronome IV 2) :
לא תספו על הדבר אשר אנכי מצוה אתכם
ולא תגרעו ממנו לשמור את מצות יהוה אלהיכם
"N'ajoutez rien à ce que je vous ordonne aujourd'hui, et n'y enlevez rien, afin de conserver les commandements de l'Éternel votre Dieu."

Si on ajoute des (prétendus) commandements, et si on enlève des commandements, alors, forcément, la Loi instituée par Moïse n'est plus la même.
Voici alors quelques exemples d'égarements du judaïsme :
- Port de la כפה ou כיפה "kippa" (kippah, kipa ou encore kipah : calotte ) : aucun fondement dans Tora.
- Bains rituels (מקוה "mikvé") après les menstruations : aucun fondement dans la Tora.
- Bains rituels (מקוה "mikvé") avant un mariage : aucun fondement dans la Tora.
- Bains rituels (מקוה "mikvé") pour la vaisselle : aucun fondement dans la Tora.
- Doublement des jours de fêtes religieuses : aucun fondement dans la Tora.
- Institution d'autres fêtes, périodes de deuil, etc... : aucun fondement dans la Tora.
- Obligation pour les femmes mariées de se couvrir la chevelure : aucun fondement dans la Tora. Une grossière erreur sur le sens d'un mot hébreu en est à l'origine.
Cette liste pourrait être allongée, mais établir l'inventaire exhaustif des aberrations rabbiniques du judaïsme ferait écrire des volumes. Ceux-ci pourraient être conclus par une dernière évidence : les rabbins ont oublié les paroles de Moïse citées précédemment.
Si les énormités rabbiniques sont hélas incontournables, elles ne constituent pas le but de cette page Internet.
Ces quelques exemples, pris parmi les moins discutables, ne sont pas les pires méfaits du judaïsme. Les pires sont vraisemblablement d'avoir affirmé qu'être juif signifie être israélite (et inversement) ; d'avoir imposé le judaïsme (rabbinique) en religion d'Israël ; d'avoir prétendu qu'une personne est "juive si sa mère est juive" et d'avoir appliqué cette "loi" à tout Israël durant des siècles. Le rabbinisme a ainsi évincé des Israélites du sein d'Israël.
Pour en savoir davantage sur ce sujet : cliquez ici.
Dans le judaïsme, lorsqu'un écrit ou ouvrage propre au rabbinisme est étudié, cette étude est dite "étude de la Tora". C'est totalement faux. Le prétendre fut une des nombreuses voies d'égarement des esprits.
Voici quelques exemples d'écrits ou ouvrages propres au judaïsme. Si vous entendez ces noms, sachez qu'ils sont propres à cette religion rabbinique. Ils ne sont pas de la Foi d'Israël, pas israélistes. Ouvrages rabbiniques : le Talmud, le Midrash, la Mishna, le Choulkhane aroukh, le Zohar, la Kabbale, la Guémara, ... (liste non exhaustive).
En plus de ces noms, que vous avez peut-être déjà entendus, il y a encore la "alakha". Il s'agit du "code de bonne conduite" selon la pensée rabbinique. Tout cela n'est pas la Tora, quoi qu'en disent les dirigeants rabbiniques et leurs fidèles.
Le judaïsme est une religion rabbinique qui supplante la Foi d'Israël (supplanter : "écarter et se substituer à")
Les différences les plus importantes entre israélisme et judaïsme (liste non exhaustive) sont indiquées en page termes et définitions.
Si les rabbins étaient de justes guides, Israël ne serait plus en exil.
A ce jour, 2000 ans de rabbinisme, environ, ont donné 2000 ans d'exil, environ.
Pour en savoir davantage sur les défenseurs du judaïsme rabbinique : écoutez en MP3 "L'armée rabbinique" (cliquez ici) .

- Retour au sommaire -


L'exil
De nos jours, on parle d'exil parce que les Israélites ont été déportés et dispersés parmi les autres nations (cf. : ce qui suit). Une partie de la population fut déplacée de force ou s'est exilée d'elle-même à cause des circonstances de l'histoire. Cependant une présence israélite en terre d'Israël a toujours subsisté.
Les Israélites devraient vivre dans un royaume théocratique, et en terre d'Israël, comme à l'époque de Moïse et des premiers rois. Ce retour d'exil est encore attendu.
Il ne pourrait s'agir d'une théocratie faite des pensées humaines, prétendument religieuses et décrétées par n'importe qui, comme le sont bien des groupuscules et états de nos jours.
L'avènement de la théocratie attendue sera peut-être, voire probablement, accompagnée de miracles, de même qu'il y en eut lorsque les Israélites quittèrent l’Égypte.
Cette théocratie est aussi celle du retour de la pensée prophétique, celle de l'existence avérée de prophètes.
Les prophètes sont les porte-parole de l’Éternel. Ils n'agissent ni ne parlent selon leurs volontés ou initiatives, mais uniquement sur l'ordre de Dieu (cf. : rubrique les prophètes).
Les rois Saül et David, qui ont régné sur Israël, ont été choisis par l’Éternel par voie prophétique. Par décision Divine, c'est parmi les descendants du roi David que se trouvent les héritiers de la royauté (second livre de Samuel, chapitre VII, versets 12-16).

La division, puis l'exil
Malheureusement, dès l'époque de David, des velléités se sont faites ressentir pour diviser le royaume d'Israël. Après le roi Salomon (fils de David) ce fut concrètement le cas. Deux royaumes coexistèrent : le royaume de Juda (tribu de David) et le royaume d'Israël (séparatiste au nord).
A la suite d'invasions étrangères le peuple d'Israël a perdu sa terre. Une partie du peuple fut déportée (première déportation vers Babylone). Le Temple de Salomon (dit "premier Temple" de Jérusalem) aurait été détruit lors de l'occupation Babylonienne, il y a environ 2600 ans.
Au fil des siècles et des invasions d'autres mouvements de populations ont mené des Israélites vers d'autres exils et d'autres nations.
Lors de l'occupation romaine, les royaumes de Juda et d'Israël furent rattachés à la grande province romaine de Syrie-Palestine (appellation romaine).
Après la destruction du Temple d'Hérode (dit "second Temple" de Jérusalem), lors de l'occupation romaine suivie de la chute des derniers résistants israélites, le royaume de Juda (Judée) fut aboli par décision de l'occupant romain. Jérusalem fut déclarée citée romaine et interdite aux Judéens et autres Israélites. C'est le début du long exil d'Israël, qui dure encore lors de l'écriture de ces lignes.
Beaucoup d'Israélites se regroupèrent en Galilée, autour du lac
כנרת Kinéret (
dit "lac de Tibériade", selon son appellation romaine).
Les Romains, dans leur volonté d'anéantir jusqu'à la mémoire des royaumes de Juda et d'Israël, donnèrent le nom de Palestine à cette région du monde, en souvenir des Philistins, antiques ennemis des Israélites.
Après les Romains, d'autres invasions et occupations étrangères se succédèrent sur la terre d'Israël.
Depuis la destruction du Temple de Salomon, il y a environ 2600 ans, l'Éternel ne s'est plus manifesté, n'a plus instruit de prophète. La cause principale est l'infidélité des Israélites envers l'Éternel.
Si les rabbins (guides spirituels du judaïsme) avaient été de justes guides, le peuple d'Israël ne serait plus en exil. Mais, le judaïsme n'est pas la religion d'Israël. C'est une religion dérivée, qui a égaré davantage les Israélites. A fortiori l'exil et l'absence de pensée prophétique ont été maintenus.
L'espoir attend qu'une décision divine intervienne malgré cet égarement, pour le contrecarrer, et pour ramener les Israélites à leur religion et à leur terre.
- Retour au sommaire -


Les tribus "perdues" d'Israël
Les propos populaires parlent souvent de tribus perdues. Parfois, ces propos portent sur deux tribus, d'autres fois sur dix tribus, et d'autres fois encore sur douze tribus perdues (douze serait l'ensemble des tribus d'Israël, soit tous les Israélites, ce qui n'est pas possible).
En fait, les propos et croyances populaires varient selon la branche judéo-chrétienne. Certaines branches chrétiennes ont leurs définitions de qui serait Juif et qui serait Israélite. Ce fait vient ajouter à confusion, car, en plus du christianisme, le judaïsme a aussi sa propre définition, et prétend à tort qu'un Juif est un Israélite.
Le judaïsme a donc son point de vue, pendant que des branches chrétiennes en ont d'autres.
Dans ces branches chrétiennes, des notions et/ou définitions de populations sont données selon s'il s'agit du "royaume du Sud" (soit le royaume de Juda) ou du "royaume du Nord" (soit le royaume d'Israël). Ces deux royaumes ont existé à la suite d'une séparation entre Israélites, à l'époque où Israël avait des rois. Ces appellations "du Sud" et "du Nord" sont propres au christianisme, de même que ses considérations à propos des populations. En certaines branches chrétiennes il s'agirait de dix tribus perdues. Elles correspondraient majoritairement aux tribus d'Israël ayant formé coalition avec le "royaume du Nord" (appellation chrétienne).
Le judaïsme "officiel" ne tient pas de tels propos sur des tribus qui seraient perdues (bien que la population juive en tienne parfois). Au contraire, le judaïsme "officiel" prétend connaître les Juifs, grâce à son système de "kétouba" (acte de mariage entre Juifs), grâce aussi, plus récemment, à la délivrance de "certificats de judéité".
Cependant, si parler d'une, deux, dix ou douze tribus perdues n'est pas vrai, il reste néanmoins que les tribus d'Israël ne sont plus reconnaissables de nos jours, à l'exception d'une seule tribu. L'unique tribu reconnaissable, sans jamais avoir été "perdue", est la tribu de Lévi. Elle est en effet reconnaissable par deux noms, devenus des noms de famille, Lévi et Cohen, qui ont été respectés et perpétués de génération en génération en une chaîne ininterrompue. Parmi les Lévites (Lévites : descendants de Lévi), les Cohanim (pluriel de Cohen) constituent une subdivision. Ce sont des Lévites descendants d'Aaron, frère de Moïse (Aaron et Moïse étaient tous deux Lévites). Les descendants de Moïse sont des Lévites, mais pas des Cohanim. Les descendants d'Aaron sont des Cohanim parmi les Lévites.
Si, grâce aux patronymes (patronyme : nom du père) conservés de génération en génération la tribu de Lévi est reconnaissable, onze autres tribus d'Israël restent néanmoins "perdues". Les croyances populaires pensent devoir chercher des égarés, des ignorés, des oubliés, aux confins de la planète, ce qui n'est pas tout à fait faux, sans toutefois être juste. Car, ce n'est pas tant une perdition géographique, mais surtout une perte d'identité. Le judaïsme en est une principale cause. En effet, en ayant supplanté la Foi d'Israël, et en ayant déclaré qu'on est Juif, donc Israélite selon le judaïsme, par la mère (ce qui est faux), le judaïsme a évincé des Israélites du sein d'Israël, c'est à dire tous ceux dont la mère n'était pas juive, et tous leurs descendants. Au fil des générations, la mémoire et la connaissance de leur identité furent perdues.
En réalité, la Bible ne fournit aucun exemple où l'ascendance maternelle serait une règle d'appartenance à Israël ou une de ses tribus. Seule l'ascendance paternelle compte. En termes plus simples : une personne est Israélite si son père est Israélite, même si sa mère n'est pas Israélite. Il en est de même tribu par tribu. Une personne est Lévite si son père est Lévite, etc. pour toutes les tribus.
Le judaïsme a transformé cette règle, l'a inversée, et s'est montré particulièrement hostile à l'exogamie (union avec une personne de l'extérieur de son groupe ethnique), plus précisément avec des femmes "non juives". Dans le cas d'une union entre un Israélite et une femme non israélite, les enfants de cette union étant considérés par le judaïsme comme des "non-Juifs", donc non israélites selon le judaïsme, le judaïsme a ainsi évincé un grand nombre d'Israélites. Ainsi, on peut alors, de nos jours, trouver des personnes nommées Lévi ou Cohen se disant "non juives", poussées hors d'Israël par le judaïsme. Parmi ces exclus, beaucoup se sont trouvés dans l'obligation d'abandonner la Foi d'Israël, voire de se convertir à une autre religion.
Le judaïsme a écarté ces personnes (parce que leur mère n'est pas juive ou leur ascendance par les mères n'est pas de mères juives), mais ces personnes nommées Lévi ou Cohen, de même que toutes les autres qui ne sont pas aussi reconnaissables par leur nom, sont pourtant bien des Israélites.
En plus d'avoir écarté des Israélites du sein d'Israël, le judaïsme a intégré des personnes selon ses règles d'appartenance et ses règles de conversion au judaïsme. Le judaïsme leur a délivré des certificats de judéité et/ou des "kétoubot" (pluriel de "kétouba" : acte de mariage entre Juifs, permettant de savoir qui est "juif" de mariage en mariage et de génération en génération). Cependant, ces personnes reconnues juives, donc israélites selon le judaïsme, ne sont pas des Israélites.
En résumé, le judaïsme a écarté de vrais Israélites du sein d'Israël, tout en intégrant et en déclarant "israélites" des personnes qui ne le sont pas. Les conséquences se sont perpétuées durant des siècles, touchant les douze tribus, celle de Lévi comprise (car les Lévites n'ont pas été épargnés par l'éviction pratiquée par le judaïsme, mais les noms de Lévi et Cohen ont été conservés).
Des douze tribus d'Israël il y a donc onze tribus perdues, puisqu'une seule tribu est reconnaissable grâce à deux patronymes conservés (sauf cas particuliers, changement de nom à cause des persécutions, etc.).
Cette tribu, celle de Lévi, a eu ce traitement particulier (conservation des patronymes, et donc de la filiation par le père) parce que les Lévites avaient un rôle particulier auprès de l'Éternel. Les Lévites étaient au service du Tabernacle (Résidence Divine durant les pérégrinations dans le désert), et, parmi les Lévites, les Cohanim avaient une fonction plus importante encore au service de l'Éternel (Cohen se traduirait par "Prêtre").
De nos jours le nom de Lévi connait quelques variantes orthographiques telles que Lévy. Selon les pays, des changements phoniques sont aussi intervenus, surtout au nom de Cohen, dont certaines formes l'ont, sauf erreur, mené jusqu'à Kahn, Cogan, et d'autres transformations encore. Une autre manière de "renommer" les Cohanim a aussi été opérée à partir d'un verset de la Bible. Le livre du Lévitique, chapitre XXI, verset 7, indique :
אשה זנה וחללה לא יקחו
"Une femme prostituée et déshonorée, ils ne prendront point."

Cet interdit, concernant le choix d'une épouse, s'adresse aux Cohanim, et la suite du verset explique qu'un Cohen est consacré.
Ceux qui n'ont pas respecté ce commandement selon les règles du judaïsme se sont vus "destitués" de leur nom de Cohen. Ils ont été nommés אזולי "Azoulay", ce nom étant composé des premières lettres des cinq mots de cette phrase en hébreu. Selon la mémoire collective du judaïsme, ceci aurait été fait afin de rappeler leur faute à ceux qui n'ont pas respecté cet interdit, et afin de connaître leurs descendants. Selon une autre version de la mémoire collective du judaïsme, il s'agirait de l'inverse. Ceux nommés "Azoulay", seraient au contraire les Cohanim qui auraient respecté ce commandement. Tous les autres Cohanim seraient alors des "faux", ou de "vrais destitués".
Il est bien malheureux de devoir le dire, mais, à l'évidence, les égarements du judaïsme, religion née du rabbinisme, n'ont été que plaies pour Israël. Les égarements du judaïsme ont égaré le peuple juif, et en supplantant la Foi d'Israël le judaïsme a perdu les Israélites. Les "tribus perdues" d'Israël le sont par ces faits. Et, hélas encore, les quelques ethnies ou branches tribales ayant vécu séparées du monde juif, tels que celles d'Ethiopie peut-être, ont été rattrapées par le judaïsme, converties au judaïsme, "judaïsées" et "rabbinisées", ce qui concrètement signifie qu'on a nié leur identité jusqu'à ce que, de fait, elles se soumettent au judaïsme.
Dans l'exemple de l'ethnie ou branche d'Ethiopie, elle serait née des amours de la reine de Saba et du roi Salomon. (Cette version est discutée, et le nom de cette reine n'est pas mentionné dans la Bible. Elle pourrait avoir eu le nom de Balkis ou Bilkis. Elle aurait régné sur un territoire qui, dans la géographie actuelle, s'étendrait du Yémen à l'Ethiopie). La mémoire collective de ces ethnies ou branches a été niée et anéantie. Le judaïsme s'est imposé à elles, avec ses lois, telles que la judéité par la mère, entre autres.
Aberration, incongruité, outrage, le judaïsme est parfois allé jusqu'à imposer une "seconde circoncision" à ces personnes. Bien sûr, une telle absurdité ne pouvait physiquement être opérée une seconde fois sur un homme déjà circoncis. Cependant le judaïsme s'est bien imposé, en exigeant une "tipat dam" une "goutte de sang". La négation a été poussée jusque là, et l'humiliation avec.
Pour ces ethnies comme pour le reste des Israélites, le judaïsme a aussi supplanté leurs pratiques ancestrales pourtant conservées durant des siècles (jusqu'à la "judaïsation"). C'est ainsi que l'ont peut voir de nos jours, en Israël, des personnes originaires d'Ethiopie porter une kippa (kippah, kipa ou encore kipah : calotte ), porter un talit (ou talet, talite ou encore talith, châle de prière rituel du judaïsme), pratiquer le culte et les rituels du judaïsme que ne pratiquaient pas leurs ancêtres.
Au fil des générations, il est évident que la mémoire encore existante chez les anciens de ces ethnies ou branches a disparu avec eux. La principale survivante de nos jours est celle (fausse) de l'abondant judaïsme environnant.
Onze tribus d'Israël seraient perdues. Mais, quoi qu'il en soit, un jour ou l'autre, tôt ou tard, l'Éternel fera connaître les siens.
- Retour au sommaire -


L'état "moderne" d'Israël
L'actuel état d'Israël est né en 1948 d'un vote à l'O.N.U. Après la seconde guerre mondiale et la shoa. L'état d'Israël est né pour, entre autres idées, que les Juifs ne soient plus apatrides ni persécutés.
Pour ces raisons, cet état n'est pas un état laïque, mais un "état juif". En faire un état laïque, comme il en existe plusieurs autres, enlèverait à l'état d'Israël sa raison d'être, celle qui l'a créé.
Que ce pays ait pu se créer, que cette langue ne soit pas morte et oubliée, qu'elle soit reparlée et écrite dans son alphabet original (non l'alphabet latin, comme l'ont choisi d'autres pays) est certainement miraculeux. L'existence de cet état n'est certainement pas le fait d'un "hasard", mais bien un don divin.
Cependant, cet état n'est pas un royaume, et bien que "juif" cet état n'est pas une théocratie. Les Cohanim n'y exercent pas leur fonction, l'Éternel ne se manifeste pas, il n'y a pas de pensée prophétique.
Surtout, et malheureusement, l'état moderne d'Israël est juif, basé sur le judaïsme rabbinique, alors qu'il devrait être israéliste. En termes plus simple, l'état moderne d'Israël ne devrait pas être un état juif mais un état israéliste. Hélas, de nos jours, que l'on veuille y émigrer, y vivre, s'y marier, y divorcer, y être enterré, le judaïsme rabbinique régit l'ensemble, reconnu à tort par l'état d'Israël comme religion d'état. Or, le judaïsme rabbinique n'est pas conforme à la Tora.
L'israélisme devrait être la seule religion de l'Etat "moderne" d'Israël. Si l'israélisme y était établi, ne serait-ce qu'un peu, ou existant quelque part dans le monde, ne serait-ce qu'un peu aussi, peut-être que l'Éternel accepterait alors de se manifester de nouveau, parce que les hommes auraient manifesté de l'intérêt pour Lui.
- Retour au sommaire -


Les Prêtres
כהן "Cohen" en hébreu signifie "prêtre" (pluriel כהנים "Cohanim").
A l'époque de Moïse, l'Éternel a choisi pour Son Service la famille de לוי Lévi parmi les descendants de Jacob-Israël. Parmi les Lévites (Lévites : descendants de Lévi), seuls les descendants d'Aaron, frère de Moïse, sont Cohanim, Prêtres.
Parmi les Cohanim, l'un d'entre eux est supérieur à ses frères, autres Cohanim. Il est appelé כהן גדול "Cohen gadol" "Grand-Prêtre". Il constitue une autorité supérieure, est plus proche de l'Éternel et Son Service. Il a des obligations qui lui sont propres et que n'ont pas les autres Cohanim.
De nos jours, la distinction particulière des descendants de Lévi a fait que leur nom a été maintenu, au contraire des autres familles d'Israël. Le nom Lévi est courant et provient de l'époque biblique en une chaîne ininterrompue.
Il en est de même et a fortiori pour les descendants d'Aaron, Cohanim. Leur fonction est devenue leur nom : Cohen. Ce nom aussi, provient de l'époque biblique en une chaîne ininterrompue.
- Retour au sommaire -


La Foi d'Israël
La Foi d'Israël, israélisme ou religion Israéliste, est monothéiste (croyance en un seul Dieu). L'israélisme ne connaît aucun saint parmi les êtres humains. Une nation, celle d'Israël, une fonction, celle de Cohen, sont déclarées "saintes" dans la Tora, mais jamais un individu en tant que tel. Dans la Tora ce qui est déclaré "saint" l'est pour son caractère "sacré" ou "consacré", alors que d'autres religions peuvent qualifier de "saint(e)" au sens de "personne qui ne commet pas de péché". Si aujourd'hui il arrive au langage populaire de dire d'untel ou untel "c'est un saint", c'est par déformation, par mimétisme, par égarement, par l'influence d'autres religions.
La Foi d'Israël ne déifie aucun homme ni aucun "être spirituel", mais seulement l'Éternel, l'Éternel exclusivement.
Pour rappel : l'israélisme ou Foi d'Israël est aussi exposée en page termes et définitions.
- Retour au sommaire -


Le messie
Le mot "messie" provient du latin "messias", qui lui-même vient de l'hébreu משיח "machiah" qui veut dire "oint". Car, les Prophètes oignaient l'homme choisi par l'Éternel pour régner sur Israël, et il était alors appelé "machiah", c'est à dire "oint" pour avoir reçu cette onction. Il s'agit d'un véritable règne, réel, terrestre (non spirituel).
La nation d'Israël est encore à ce jour dans l'attente d'un roi, du rétablissement de la royauté (cf. ci-dessus : l'exil), de la théocratie, et surtout du retour manifeste de l'Éternel avec Israël. Ce roi ne sera rien de plus qu'un homme : il ne faut en aucun cas déifier cet homme, ni un autre, ce serait une faute grave envers l'Éternel.
Qui n'est pas descendant du roi David, n'est pas "oint" pour régner sur Israël (concrètement, réellement), ne peut se prétendre ou être prétendu "oint", "machiah, "messias", "messie".
Royaume et théocratie n'impliquent pas l'abolition de toute démocratie. Les premiers rois d'Israël (Saül puis David) ont régné par la volonté du peuple qui voulut un roi à sa tête. Ce roi fut choisi par Dieu, et désigné par un prophète.
- Retour au sommaire -


Comment prononcer Israël ?
"Izraël" est souvent entendu, surtout dans les médias (journaux télévisés, radios).
Parfois "issraël" est entendu. "Iss" ou "iz" ? Telle est la question.
"Izraël" est à éliminer. Cette prononciation est aussi incorrecte en français qu'en hébreu (sauf au Québec où "izraël" serait admis).
Il resterait alors "issraël", si toutefois la question n'avait que ces deux réponses possibles. Or, ce n'est pas le cas.

Quelle est la bonne prononciation ?
Pour la connaître il faut se pencher sur la composition du nom, et sa signification. Car, les noms ont un sens en hébreu (langue d'origine).
Le rabbinat français a donné le sens de "jouteur puissant" à ישראל "Israël". Malheureusement, cette signification ne se vérifie pas, et elle ne tient pas compte de la terminaison אל "èl" signifiant Dieu, "l'Éternel".
Conservant ce même sens, certaines personnes prétendent aussi que "yissar-èl" ou "yissarel" serait la bonne prononciation. D'autres versions existent, aussi éloignées, erronées, les unes et les autres.
Parmi les variantes, "yissraël" (en insistant sur le "yi" du début) est la version à laquelle s'attachent des puristes hébraïsants. Hélas, ils semblent aussi puristes et scrupuleux que dans l'erreur. Car, Israël comme Yissraël et d'autres subtilités ne peuvent être la version originale, celle en hébreu biblique, celle de l'époque où ce nom fut attribué pour la première fois.

Afin de connaître la bonne prononciation, quelle est la signification ?
ישראל "Israël" est un prénom (de nos jours il est parfois porté en nom de famille). Ce prénom est composé de trois premières lettres, ישר , suivies de la terminaison אל "Èl" désignant "l'Éternel".
En se focalisant sur les premières lettres ישר , un terme simple et clair apparaît. Il est évident : c'est ישר (se prononce "yachar"). ישר "yachar" est un adjectif qui signifie "droit". Il s'agit de droiture, de rectitude, en synonyme de "justesse" et "honnêteté".
"L'Éternel est droit". Tel est sans aucun doute le sens du nom ישראל qui devrait donc se prononcer "yachar-Èl" ou "yacharèl".
Il ne s'agit pas d'une théorie, mais d'une certitude qui trouve sa confirmation dans les textes bibliques, dans un autre nom attribué à Israël, en fait Yachar-Èl. Cet autre nom est ישרון traditionnellement prononcé "yéchouroun" (parfois écrit "Yeshurun", et d'autres variantes encore, en lettres latines).
"Yéchouroun" est la prononciation traditionnelle. Cependant ce nom pourrait aussi se prononcer "yacharoun", parce qu'il est composé du même adjectif ישר "yachar", soit "droit", "droiture", "rectitude", "justesse".
Quoi qu'il en soit de la prononciation de ce nom, "yéchouroun" ou "yacharoun", il vient confirmer le sens de droiture, et donc la prononciation, de "Yachar-Èl".
La connaissance, l'étude et le rapprochement de ces deux noms, "Yachar-Èl" et "Yéchouroun" (ou "Yacharoun"), ne laissent aucune possibilité de doute : "Israël" n'est pas la bonne prononciation. "Yachar-Èl" est certainement la bonne.
(Références bibliques pour ישרון "yéchouroun" ou "Yacharoun" : Deutéronome, XXXII, 15 ; XXXIII, 5 ; XXXIII, 26 ; Isaïe (ou Ésaïe), XLIV, 2).

Comment Yachar-Èl serait-il devenu Israël ?
Israël est mentionné en hiéroglyphes sur une stèle de l’Égypte antique. Elle est appelée "stèle de Mérenpta" (parfois écrit "Mérenptah", nommé aussi "Mineptah" ou encore "Mernéptah", qui fut le 4ème pharaon de la 19ème dynastie, de 1213 à 1203 avant l'ère chrétienne). Le raisonnement qui découle de ce fait est alors simple :
Si cette prononciation figure sur un monument égyptien, Israël est donc vraisemblablement le nom et la prononciation employés par les Égyptiens.
Le texte biblique indique clairement que les Égyptiens pouvaient changer un nom. Ainsi, יוסף "Yossef" (Joseph), ainsi nommé en hébreu, fut renommé צפנת פענח "Tsafnat Panéakh" par le pharaon de son époque (Genèse, XLI, 45).
Israël serait donc sans doute la prononciation égyptienne. Elle a pu être imposée aux Israélites lors d'une occupation du pays d'Israël. Le texte biblique rapporte clairement que le pays fut tenu par l’Égypte (Rois II, XXIII, 29 et suivants). De plus, le passage biblique précité mentionne encore un changement de nom : le nom du roi אליקים Elyakim fut changé par le pharaon en יהויקים Yéhoyakim (Joakim ou Joïakim dans des traductions françaises) (Rois II, XXIII, 34).
Sinon par l'imposition, le nom de Yachar-Èl a pu être transformé pour devenir Israël. Ce nom, Israël, a pu être volontairement intégré par les Israélites en suivant des dérives cultuelles et culturelles. Ainsi, l'on peut rappeler que le roi Salomon prit pour épouse la fille d'un pharaon de son époque (Rois I, III, 1). Salomon fut infidèle à Dieu et adora d'autres dieux (Rois I, XI, 4-9). Les dérives cultuelles sont clairement écrites. Les dérives culturelles les accompagnaient sans doute. La population suivait ses rois, et ces derniers influençaient le peuple. Les rois comme la population ne furent exempts de dérives et fautes (souvent reprochés dans la Bible).
Néanmoins, ces hypothèses possibles ne permettent pas de préciser quand et comment le nom Israël fut employé par les Israélites eux-mêmes, à la place de Yachar-Èl, et jusqu'à nos jours.

Si le moment et le mode d'expansion du nom Israël restent difficiles à cerner, le véritable nom, Yachar-Èl, ne laisse pas de place au doute. Car, aucun autre sens n'est possible en hébreu.
Néanmoins, en ce site et ses pages web "Israël" est encore utilisé, afin de ne pas perturber les esprits, et ne pas faire penser à une toute autre religion (ou secte, terme parfois lancé en moquerie, accusation, etc.).
- Retour au sommaire -

Comment prononcer Israël ? Observations et explications complémentaires.
Le nom ישראל "Israël" (traditionnellement prononcé ainsi) apparaît pour la première fois dans la Bible en Genèse, XXXII, 29. Ce même verset semble donner une explication à ce nom :
כי שרית עם אלהים
Ces mots ont été compris, et traduits, comme s'il s'agissait d'une lutte contre l’Éternel (ou "contre des puissances divines", ou encore "puissances célestes", et d'autres variantes proches de ce sens).
Cependant, c'est l'ensemble du passage biblique qu'il convient d'observer. Pour en prendre connaissance, il faut remonter au moins au verset 25. A ce stade, Jacob (dont le nom sera changé en "Israël") a aidé sa famille à traverser un cours d'eau (appelé "gué de Jaboc" dans les traductions) (verset 24). A partir du verset 25 le récit se complique considérablement, et en devient incompréhensible. Car, ce verset parlerait d'un homme qui se serait "battu" contre Jacob, selon la quasi totalité des compréhensions et traductions judéo-chrétiennes.
- Mais, pourquoi un homme se serait battu contre Jacob ? Et qui est cet homme ?
Ce sont les deux premières questions que se pose le lecteur qui s'émancipe des enseignements reçus pour lire et comprendre à nouveau le texte.
En verset suivant (26), le texte indique que cet homme aurait blessé durablement Jacob.
- Pourquoi cet homme a t-il fait cela ?
C'est encore une question qui reste sans réponse.
Le verset 27 est encore plus mystérieux. L'homme demande à être libéré parce que l'aube est venue.
- Pourquoi cet homme demande t-il à être libéré ? Il pouvait partir de son plein gré, de même qu'il a agressé Jacob de plein gré.
- Pourquoi parle t-il de l'aube ? Quel rapport pourrait être établi entre cette agression, dont la raison échappe, et l'aube ?
La suite du même verset (27) est encore plus étrange. Alors que Jacob aurait dû prendre cet homme pour un agresseur, un bandit de chemins, Jacob lui demande sa bénédiction.
- Pourquoi Jacob, qui a pourtant "lutté" contre lui (selon le sens traditionnellement donné), demande la bénédiction de cet homme ? Demande t-on une bénédiction à quelqu'un qui se comporte en agresseur, et contre qui on a lutté ?
Ce n'est qu'au verset 29 que le lecteur peut comprendre qu'il y aurait quelque chose de divin. Mais quoi ? Les compréhensions et traductions restent sur un sens de "lutte", "joute" ou "combat". Ce serait donc entre Dieu et Jacob.
Mais pourquoi ?
Cette question et les précédentes restent entières et sans réponse.
Force est de constater que ce passage biblique est l'un des plus incompréhensibles et obscurs du Pentateuque (Tora).
Pour tenter de le comprendre, il faut aussi se pencher sur deux verbes inhabituels qui y sont employés. Malheureusement, ces deux verbes ont reçu le sens douteux de "lutte", "joute" ou "combat", un sens donné par des hébraïsants, mais un sens qui ne se vérifie pas.
L'un des verbes employés est en verset 25, sous une forme conjuguée : ויאבק איש עמו . Ces mots ont été compris, traduits, comme s'agissant d'une lutte : "un homme lutta avec lui" (lutta avec Jacob).
Un second verbe est employé, en verset 29 : כי שרית עם אלהים . Ces mots aussi ont été compris, traduits, comme s'il s'agissait d'une lutte : "car tu as lutté avec Dieu".
Deux verbes différents, employés sous une forme conjuguée, ont donné lieu à une seule compréhension, et traduction. C'est très regrettable, car le texte aurait dû être respecté.
Le plus important réside dans le sens donné. Il ne se vérifie pas parce que, s'agissant d'un combat ou lutte, l'hébreu biblique emploie une forme expressive particulière. Le meilleur exemple est le verbe להלחם qui, lui, signifie sans aucun doute "guerroyer" ou "lutter", "combattre". Dans ce cas, la forme expressive est להלחם ב "léhilahem bé" "combattre" ou "lutter" "contre" (la traduction littérale est difficile). Les exemples bibliques sont nombreux (l'un d'eux est en Exode, XVII, 9-10). Or, le passage obscur qui est étudié n'emploie pas cette forme expressive. Les deux verbes ne sont pas suivis de ב "bé" mais de עם "im" (traduction difficile).
ויאבק איש עמו
כי שרית עם אלהים
Ce constat de plus vient, lui aussi, remettre en question la compréhension traditionnellement connue, et bien sûr les traductions qui en découlent.
Un sens douteux a été donné, qui n'est vraisemblablement pas celui d'un lutte, joute, ou combat.
Ces dernières observations ajoutent encore des interrogations, accentuent le mystère.
Pour tenter de cerner les sens de ces deux verbes, leurs sens bibliques, il faudrait trouver d'autres références bibliques où ils seraient employés. Or, il n'y en a pas.
- Le premier verbe, ויאבק "vayéhavek", n'a pas d'autre cas semblable. Sa composition avec les lettres אבק fait aussitôt penser à la "poussière". De nombreux cas d'emploi du mot אבק existent dans le juste sens de "poussière". Mais, ces cas sont ceux de noms communs, alors que c'est un verbe conjugué qui est employé en Genèse, XXXII, 25 (le passage obscur).
Le sens possible serait alors "s'empoussiérer". Cependant, ce sens possible n'éclaire pas vraiment ce récit. Quant à l'infinitif de ce verbe, aucune référence biblique n'est trouvée (la forme à l'infinitif serait-elle לאבק ou encore להאבק ? Aucune référence biblique n'emploie ces infinitifs possibles).
Ce verbe reste indéfini, faute d'autres références bibliques.
- Quant à שרית "sarita" (selon la vocalisation traditionnelle), dans son cas aussi la singularité de son emploi doit être observée. Il n'apparaît que dans ce passage (obscur, Genèse, XXXII, 29). Ce verbe n'a pas non plus d'autre référence biblique, ni sous forme conjuguée ni à l'infinitif.
La recherche des lettres employées ne laisse apparaître qu'un seul cas d'emploi, mais la sous forme d'un nom commun, en Chroniques I, XII, 39. Dans cette référence, le mot שרית "saritt" est employé pour l'ensemble des dignitaires d'Israël. Ce mot שרית "saritt" semble composé de שר "sar" signifiant "prince", "dirigeant", ou "dignitaire". Si ce sens est retenu dans le cas des versets obscurs, le sens pourrait être "parce que tu as été princier", ou "digne", voire "loyal", ce qui se rapproche ou rejoint le sens de "droiture" du nom ישראל traditionnellement prononcé "Israël" (qui serait en fait "Yachar-Èl").
Comme le premier, ce second verbe ne peut être défini.
Le sens de combat, lutte, joute, semble plus incongru encore pour ce second verbe. Car, Dieu féliciterait-il quelqu'un de s'être opposé à lui, d'avoir lutté contre lui ?
De plus, un homme peut-il lutter contre Dieu, et gagner (comme ce fut compris et traduit) ? Ce sens de lutte ou joute apparaît incompatible.
Une autre observation doit encore être formulée sur la suite du même verset (Genèse, XXXII, 29). Il mentionne אנשים "des personnes", alors que plus haut le texte parlait d'une "lutte" (sens très douteux) avec un seul homme (איש "un homme" en verset 25).
Malheureusement, les sens, traductions et commentaires donnés ont confondu les versets, comme si le verset 29 parlait de l'homme du verset 25.
Compte tenu des observations ci-dessus à propos du mot שרית "sarita", le verset 29 se traduirait plutôt par :
"Parce que tu as été digne envers Dieu et envers des personnes"
ou
"Parce que tu as été loyal, envers Dieu et envers des personnes".
Il s'agirait de loyauté envers Dieu et les hommes, non d'un combat contre Dieu et contre un homme (l'agresseur des versets précédents).
Pour rappel : ce sens princier, avec dignité, loyauté, se rapproche de la droiture ou rectitude, qui est le sens le plus probable du nom ישראל "Israël", qui devrait se prononcer en réalité "Yachar-Èl"

Ce qui précède a amplement expliqué les interrogations (restées sans réponse). Également, ce qui précède a détaillé des observations, souligné des incohérences dans la compréhension du texte, et donc sa traduction. L'observation de l'ensemble devrait conduire à de sérieux doutes sur ces versets, Genèse, XXXII, 25-33.
Cependant, cette partie est plus que douteuse. Ce serait une falsification du texte.
Les nombreux indices de différentes natures, exposés ci-avant, convergent pour établir que ces versets sont vraisemblablement une corruption volontaire apportée au texte. C'est très probablement une parte légendaire, mythique, qui ne devrait pas faire partie du Pentateuque (Tora). Cette conclusion trouve sa confirmation plus loin dans Pentateuque, en chapitre XXXV.
Car, en effet, il existe deux récits. Le nom de Jacob est changé en "Israël" (en fait "Yachar-Èl") dans un autre verset, en Genèse, XXXV, 10. Cette partie serait la véritable. Elle ne comporte aucune des nombreuses questions sans réponse, aucune incohérence, rien qui mette en alerte le lecteur qui cherche à y voir clair.
Malheureusement, les sempiternels opposants rétorqueraient, par exemple, que le chapitre XXXV rappelle ce qui se trouve en chapitre XXXII. Mais, ce n'est pas le cas.
Car, des données divergent entre les deux récits. En eux-mêmes ils sont différents : ce n'est pas la même histoire dans l'un et dans l'autre. Également, les lieux sont différents :
- מעבר יבק "le gué de Jaboc" en XXXII, 23, renommé פניאל Penïel en XXXII, 31
- לוז Louz en XXXV, 6, renommé בית אל Béthel en XXXV, 15.
Ce nom de בית אל Béthel avait déjà été donné lorsque Jacob fuit son frère, en Genèse, XXVIII, 19. Le verset Genèse, XXXV, 7 rappelle cette fuite. Le chapitre XXXV est en cohérence avec cet autre passage biblique, contrairement au chapitre XXXII qui ne se vérifie pas ailleurs.
Outre les lieux, les moments de la vie de Jacob sont des moments différents. En chapitre XXXII, le récit se fait à la veille des retrouvailles entre Jacob et son frère עשו Ésaü. Ce n'est pas du tout cela en chapitre XXXV, qui se déroule après le viol de Dina (fille de Jacob) et la vindicte contre la ville de Sichem (chapitre XXXIV).
Le chapitre XXXV n'est pas le rappel du XXXII.
De plus, pourquoi Dieu répéterait-il son nouveau nom à Jacob-Israël ?
Ces différences importantes (lieux, noms, moments) sont donc soulignées, et, avec elles, l'incohérence du chapitre XXXII avec un autre, le XXXV, ce dernier se vérifiant par le chapitre XXVIII.

Le chapitre XXXV peut donc être retenu. Il ne donne pas de raison au changement du nom de Jacob, qui s'appellera alors Israël (verset 10), qui doit se prononcer Yachar-Èl.. Ce manque d'explication pourrait être frustrant, mais, c'est ainsi, les explications ne sont pas toujours données :
- Il n'y avait pas non plus d'explication au changement du nom de שרי "Saraï", devenu שרה "Sara" (parfois écrit Sarah, bien que le h n'ait aucune utilité) (Genèse, XVII, 15).
- Un autre exemple se trouve en Nombres, XIII, 16, où le nom de הושע "Hochéa" devient יהושע "Josué".
- Le nom de יצחק Isaac n'est pas non plus expliqué (Genèse, XVII, 19). Son sens est clair, "rire", et la raison probable se trouve deux versets avant (en Genèse, XVII, 17) : à l'annonce de la naissance de son prochain fils, malgré son âge avancé, Abraham rit ויצחק (verset 17). Cette explication peut être comprise, mais le texte ne la donne pas explicitement.
Le chapitre XXXV de la Genèse comporte ces ressemblances, voire cohérences, avec d'autres passages bibliques, et d'autres personnages. L'explication ou raison d'un nouveau nom n'est pas toujours donnée. C'est le cas dans le chapitre XXXV, concernant le nom "Israël", en fait Yachar-Èl. L'explication n'est pas donnée, mais comme pour le nom d'Isaac, le sens et la prononciation du nom Yachar-Èl sont clairs (mais ils ont été détournés par un apport mythique, mensonger, et une mauvaise compréhension de cet apport).

Pourquoi une falsification du texte ?
La corruption du chapitre XXXII pourrait s'expliquer (sans certitude) par ce qu'il exprime lui-même. Le dernier verset (33) mentionne une pratique du judaïsme (à ne plus confondre avec la religion d'Israël). Ce verset indique explicitement la non consommation du nerf sciatique.
Cette pratique du judaïsme n'est pas un commandement. Elle n'est trouvée nulle part ailleurs que dans ce verset (passage corrompu). Même ce verset n'exprime pas un commandement, mais une pratique juive (non israélite, mais juive).
Ce verset (33), s'exprime mensongèrement en employant "enfants d'Israël", alors qu'il s'agit de la population juive, celle ayant adopté le judaïsme pour religion (née depuis l'apparition des rabbins, que la Tora ne connaît pas, n'a jamais institués).
L'histoire douteuse qui précède ce verset 33 est vraisemblablement une légende, un mythe, et cet ensemble de versets (de 25 à 33) a pu être introduit pour justifier cette pratique juive. Or, comme démontré précédemment, ce récit comporte plus d'une incohérence et des questions qui ne trouvent pas de réponse.
En outre, à la seule lecture des versets de 25 à 33, le lecteur pourrait penser que les "enfants d'Israël" (mots employés mensongèrement par le verset 33) pratiquaient le cannibalisme. Car, à la seule lecture, rien n'indique dans ces versets que cette pratique fut appliquée aux animaux de boucherie. Seul le lecteur averti, qui connaît le judaïsme, peut comprendre qu'il s'agit des animaux de boucherie. Le ou les falsificateurs du texte ont omis d'écrire cette précision importante, sans laquelle tout lecteur ignorant du judaïsme déduirait qu'il s'agissait de cannibalisme.
Il semble donc important de préciser qu'aucun cas de cannibalisme n'est connu dans l'histoire des Israélites, ni même dans l'histoire de leurs ascendants.
De nos jours encore, dans les abattoirs et halles alimentaires, les bouchers juifs n'achètent pas l'arrière des bêtes (bovins et ovins). Ils s'entendent avec d'autres clients ou bouchers non-juifs qui, eux, achèteront l'arrière des bêtes. C'est ainsi parce que le nerf sciatique est difficile à retirer. L'arrière d'une bête est donc cédé à des non-juifs, et n'est pas commercialisé dans les boucheries juives. C'est une pratique juive, qui n'a aucun autre fondement que ce récit douteux, qui apparaît même mensonger, et finit par cette explication à propos du nerf sciatique (Genèse, XXXII, 33).
NB : d'autres traductions parlent de "tendon", et pas de "nerf". D'autres encore parlent du "tendon du nerf". (Cette traduction est habile pour confondre tous les sens donnés sans se prononcer entre "nerf" et "tendon". "Nerf du tendon" serait alors plus approprié).
Certaines traductions mentionnent aussi "articulation de la hanche", "emboîture de la hanche", "cavité de la hanche", et d'autres encore parlent de "cuisse". Cette dernière traduction ne semble pas vraisemblable. La cuisse se dit שׁוֹק (se prononce "shok") alors que ce mot n'est pas employé dans ces versets. La traduction la plus vraisemblable est celle de "nerf sciatique", correspondant à la pratique juive encore actuelle.

En conséquence :
Grâce à la présence du chapitre XXXV, heureusement conservé dans le Pentateuque, grâce aussi à l'analyse qui précède, l'altération apportée au chapitre XXXII est mise en évidence.
Le vocabulaire, surtout les deux verbes employés en chapitre XXXII, ne semble pas correspondre à une époque rédactionnelle biblique. Ces deux verbes seraient d'une époque ultérieure puisqu'ils n'apparaissent pas dans la Bible.
Ce dernier constat est compatible avec l'époque à laquelle sont apparus les premiers rabbins (il y a environ 21 siècles). Le vocabulaire peut donc être celui de toute époque depuis.
Ce même constat est autant valable concernant le judaïsme, une religion née des rabbins (il y a environ 21 siècles) : le vocabulaire employé est compatible avec l'apparition du judaïsme, et peut donc être celui de toute époque depuis.
L'analyse ci-dessus ne permet pas de préciser davantage l'époque à laquelle a été introduite la fraude. Elle peut aussi avoir précédé l'apparition des premiers rabbins, à une époque où ceux-ci n'existaient pas encore en tant que tels, une époque durant laquelle les mythes, contes et légendes existaient. Ils furent ensuite repris par les rabbins et le judaïsme, mais la fraude a pu être faite avant l'apparition des premiers rabbins, peut-être par leurs prédécesseurs qui ne s'appelaient pas encore ainsi.
Concernant la compréhension
Les versets de 25 à 33, surtout les deux verbes mis en questions, ne semblent pas avoir été compris. Ces verbes restent encore difficilement définissables du fait de leur cas d'exception.
L'hébreu employé dans la fraude provient peut-être d'une région géographique particulière, dont le parlé n'était pas répandu dans tout le pays d'Israël.
Une autre hypothèse est possible, qui ne porterait pas sur la région géographique, mais la langue. Les verbes employés dans la fraude peuvent provenir d'une autre langue, ou de son influence. L'araméen est une langue étrangère à l'hébreu, mais comportant quelques ressemblances ou proximités avec l'hébreu. De nos jours encore, certaines prières des rituels juifs sont dites en araméen.
Une troisième hypothèse ne pourrait être omise, prenant en compte à la fois la région et la langue. Dans le nord d'Israël, il y a environ vingt siècles et davantage, la population pouvait parler les deux langues, l'hébreu bien sûr, mais aussi l'araméen. Les בעלי המסורה "bahaley amassora" c'est à dire littéralement les "maîtres de la tradition", appelés "Massorètes" en français, annotaient parfois le texte biblique de mentions dans un langage dit "judéo-araméen", un mélange d'hébreu et d'araméen (un peu comme l'a fait le yiddish, avec de l'hébreu et des mots d'origine germanique). De nos jours encore, les termes "bar mitsva" fournissent un exemple de judéo-araméen. "Bar" signifie "fils" en araméen, et "mitsva" signifie "commandement" en hébreu. "Bar mitsva" est une composition judéo-araméenne. Un "bar mitsva" est un garçon arrivé à l'âge de pratiquer les commandements, dans le judaïsme. La même composition en hébreu donnerait "ben mitsva".
Une partie du vocabulaire employé dans la fraude pourrait donc être du judéo-araméen de son époque rédactionnelle, voire de l'araméen de son époque rédactionnelle.
Concernant la Bible
Le texte de la Bible hébraïque est celui dit "du Codex d'Alep", sur lequel les Massorètes ont travaillé, surtout entre les septième et dixième siècle de l'ère chrétienne. La fixation définitive aurait été adoptée vers le quinzième siècle de l'ère chrétienne, mais le texte adopté serait du dixième siècle de l'ère chrétienne.
Les Massorètes ne sont pas désignés comme "coupables". Ils ont peut-être hérité de la fraude sans en avoir conscience, et l'auraient conservée religieusement. Le début de la fixation du texte biblique hébraïque aurait commencé à l'époque de la כנסת הגדולה "knessett agdola", vers le quatrième siècle avant l'ère chrétienne, pour être fixé vers le quinzième siècle de l'ère chrétienne (cf. ce qui précède). Le processus de fixation aurait donc duré environ quatorze siècles (1400 ans). Les éléments actuellement connus ne permettent pas de déterminer qui a introduit la fraude, ni même quand elle fut introduite.
Concernant la traduction
Les traducteurs ont certainement dû avoir du mal à traduire ces verbes qui ne sont pas connus ailleurs, et peut-être issus d'un dialecte oublié (peut-être le judéo-araméen, cf. ce qui précède). Laisser cette partie sans apporter une traduction n'aurait pas été admissible. La difficulté posée aux traducteurs explique l'erreur de sens qui a été donnée à deux verbes différents, compris et traduits tous deux par un seul sens, de surcroît erroné, celui de "combat", "lutte" ou "joute". Cette traduction fut donnée à défaut d'en trouver une meilleure, plus juste.
De ce sens erroné a été tiré celui aussi inexact de "jouteur puissant" donné au nom d'Israël.
Ce sens a perduré jusqu'à nos jours, à cause d'une duperie apportée au texte du Pentateuque (Tora).
Concernant la prononciation du nom d'Israël
La prononciation du nom "Israël" est vraisemblablement d'origine égyptienne. Cette déduction est faite grâce un élément archéologique, extra biblique, extra religieux, une stèle égyptienne (cf. ce qui précède "comment prononcer Israël").
Concernant la prononciation des verbes
Ce serait le nom "Israël", prononciation d'origine égyptienne, qui aurait servi à vocaliser le second verbe, שרית "sarita". Car, il est composé de deux lettres communes avec le nom "Israël". Ces deux lettres sont ש "shine" (ou "sine") et ר "rèsh". Ces deux lettres communes à ישראל "israël" et שרית "sarita" ont ajouté à la confusion.
La correspondance entre ce nom et ce verbe n'était toutefois pas possible. La première lettre du nom ישראל "Israël" n'est pas à la même position dans le verbe, ce qui aurait dû attirer l'attention et éviter de se fourvoyer.
En résumé :
- Deux verbes ont été mal compris.
- Un sens faux leur a été donné.
- Le sens faux a été corrélé au nom "Israël".
- Ce sens faux à été donné au nom "Israël".
- Parce que le second verbe était inconnu, sa prononciation était inconnue
- La corrélation faite avec le nom "Israël" lui a donné une prononciation.
- Cette prononciation était tirée de celle égyptienne, prononçant "issraël".
Concernant la religion juive
Le rapport qui fut fait entre Jacob-Israël et les bêtes de boucherie suscite pour le moins l'interrogation. Pourquoi avoir transposé cela sur des bêtes, les bêtes de consommation ?
C'est pourtant un fait du judaïsme. Cette pratique est encore vivace. Elle présente la marque évidente des interprétations rabbiniques, qui établissent une grande variété de corrélations plus que douteuses, en l'occurrence entre un "ange" contre qui Jacob aurait "lutté", et dont le handicap se retrouve transposé aux bêtes de boucherie.
De tout temps, les rabbins (guides religieux juifs, autoproclamés guides religieux d'Israël) ont été très doués pour inventer de telles invraisemblances par leur méthode caractéristique qui est l'interprétation.
Leur imagination n'a pas de limite. Ce devrait être risible, mais c'est grave et coupable lorsqu'il y a invention d'histoire abracadabrante, invention d'une pratique que Dieu n'a pas demandée, et altération volontaire des textes de fondements.
Ces textes sont supposés avoir été écrits par des prophètes (un prophète est un porte-parole de Dieu, et n'annonce pas forcément l'avenir).
A cause de telles altérations, la vérité n'est plus connue, mais doit être recherchée.
A cause de telles altérations, le mensonge règne. Le judaïsme règne depuis près de vingt et un siècles, voire davantage (les premiers rabbins seraient de l'époque de la כנסת הגדולה "Grande Assemblée", bien que le terme רב "rabbin" n'était pas encore autant répandu, ni les rabbins autant respectés et aveuglément suivis.
Le tout début du rabbinisme serait de cette époque de la Grand Assemblée (vers le 4ème siècle avant l'ère chrétienne), le tout début du judaïsme aussi.
Le rabbinisme a donné naissance certes au judaïsme, mais aussi à d'autres religions et branches religieuses, avec d'autres interprétations, et d'autres "guides religieux". Le chaos religieux règne depuis.

Rappels et conclusion
Le chapitre XXXII (versets de 25-33) rapporte un mythe, un mythe qui ne se vérifie pas ailleurs dans la Tora. Ce mythe a pu être démenti grâce au chapitre XXXV et d'autres voies d'analyse.
Ce mythe a donné naissance à une pratique juive, non israélite, qui n'a pas de fondement dans la Tora, une pratique qui n'est même pas exprimée comme un commandement.
L'ensemble, mythe et pratique, a été inscrit dans le chapitre XXXII de la Genèse, à une époque vraisemblablement ultérieure à la réelle époque rédactionnelle de la Genèse, et aussi ultérieure aux autres époques rédactionnelles de l'ensemble biblique.

Pour toutes les raisons exposées ci-avant, le chapitre XXXII, versets de 25 à 33, n'a pu être retenu dans l'étude sur la prononciation du nom ישראל traditionnellement prononcé "issraël".
- Le sens probable retenu est la droiture, la rectitude, non celui de "jouteur puissant" donné par le rabbinat sur la base de versets plus que douteux.
- Quant à la prononciation du nom ישראל , la stèle égyptienne mentionnée ci-avant est une trace extra biblique et archéologique permettant de penser que la prononciation "issraël" serait d'origine égyptienne.
La bonne prononciation du nom israélite ישראל serait "Yachar-Èl" (ou "yacharèl").

Si de nouveaux éléments sérieux étaient trouvés, ils seraient considérés, et, éventuellement, les conclusions qui précèdent seraient modifiées.
- Retour au sommaire -


Les sources de la Bible
Une grande majorité pense qu'il n'existerait qu'une seule "Bible", mais, en fait, il existe plusieurs bibles. Car, parmi les religions "bibliques", chacune a admis ou non certains textes.
Les bibles sont des regroupement d'écrits de diverses époques et divers auteurs.
Il faut distinguer l'époque narrée, et l'époque rédactionnelle. Par exemple, lorsque les Israélites sont partis d’Égypte, l'époque narrée est celle de Moïse. Mais l'époque rédactionnelle (l'époque où cette histoire a été écrite) est bien ultérieure (bien plus tard). L'époque rédactionnelle est ultérieure à l'établissement d'un roi israélite.
Les époques rédactionnelles sont souvent inconnues, mais supposées ou estimées.
Il s'agit souvent d'auteurs inconnus, mais présumés. Certains textes sont attribués à un auteur, mais sans certitude.
L'israélisme et les dites "grandes religions" ont de nombreux textes en commun dans leurs bibles.
Ces regroupements d'écrits sont aussi appelés "écrits de fondements".
La partie commune à l'israélisme et aux religions judéo-chrétiennes est nommée :

- Par le judaïsme : תנ״ך "tanakh" ("tanah") (la bonne prononciation ne peut être écrite en lettres latines). Le תנ״ך "tanakh" est donc la Bible du judaïsme.

- Par le christianisme : "ancien testament".
Une autre partie est nommée "nouveau testament". Cette partie est propre aux religions chrétiennes. L'ancien testament et le nouveau testament composent donc la Bible du christianisme.

L'israélisme et le judaïsme n'admettent pas le "nouveau testament" en leurs écrits de fondements.
Ce qui suit concerne la partie commune, soit le תנ״ך "tanakh" ("ancien testament" pour le christianisme). En cette partie commune, quelques variations peuvent exister, d'une bible à une autre, d'une communauté à une autre, mais sans différences majeures.
Cet ensemble de textes regroupés est aussi nommé "compilation".
Les bibles commencent par la תורה Tora, soit en français le "Pentateuque". La Tora est elle-même composée de textes appelés "livres", au nombre de cinq livres (selon ce qui est actuellement établi). La Tora a une importance particulière parce que les commandements y sont exprimés, et ne se trouvent pas ailleurs. D'autres commandements existent dans un texte prophétique, le livre d’Ézéchiel, mais il s'agirait d'un temps futur, encore attendu à ce jour.
La compilation biblique la plus répandue, connue et admise est :
- la version massorétique
- du codex d'Alep

Que veut dire "massorétique" ?
"Massore" et "massorétique" (dans la francophonie) viennent du terme hébreu מסורה "massora" qui a pris aujourd'hui le sens de "tradition", "transmission".
Ce terme ("massora") est tiré d'un verset du livre d’Ézéchiel, XX, 37,
והעברתי אתכם תחת השבט והבאתי אתכם במסרת הברית
Traduction rabbinique et/ou traditionnelle la plus courante :
"Et je vous ferai passer sous la verge (bâton), et je vous engagerai dans les liens de l'alliance"
Cette traduction est à revoir. Car, le sens réel d'un terme, במסרת , reste à retrouver. Il n'a probablement pas de rapport avec celui de "tradition"/"transmission" que l'on lui confère aujourd'hui.
La langue française nomme "massorètes" les personnes qui ont œuvré à cette transmission "traditionnelle".

Qui étaient les "massorètes" ?
Ils sont appelés en hébreu בעלי המסורה "bahaleï amassora" "les maîtres de la transmission" ou "maîtres de la tradition".
Une large période couvre la période dite "des massorètes". Selon certaines sources, la période des massorètes s'étendrait du septième au dixième siècle de l'ère chrétienne (EC). Selon d'autres, elle s'étendrait du sixième au huitième siècle (de l'EC).
Il est difficile de dire que la période massorétique aurait commencé à tel siècle et serait terminée à tel autre. Car, il n'y a pas d'événement fondateur qui marquerait son apparition soudaine, pas plus qu'un événement abrogatoire qui marquerait sa disparition. Il est néanmoins possible d'identifier une période plus active ou novatrice entre le septième et le dixième siècle de l'ère chrétienne.
Les prédécesseurs des massorètes auraient œuvré dès l'époque de la כנסת הגדולה "knessett agdola" la "Grande Assemblée", vers l'an 500 avant l'ère chrétienne (AEC). Depuis cette époque, et jusqu'au dixième siècle de l'ère chrétienne (soit jusqu'à la période la plus tardive attribuée aux massorètes), c'est donc une longue période d'environ 1500 ans.
Les massorètes ont été des héritiers, des maillons dans des siècles et générations de judaïsme (à ne plus confondre avec l'israélisme ).
Les massorètes ont eu plusieurs écoles, et des différences et désaccords entre elles.
Une grande partie de ces écoles se trouvait dans la région du כנרת "kinérètt", appelé lac de Tibériade en langue française.
Il est courant de lire ou entendre dire que les massorètes auraient été novateurs dans leurs recopies des écrits. Selon ces idées courantes, ils n'auraient pas modifié les textes, mais ils auraient apporté des aménagements pour une lecture plus aisée.
Selon certaines sources et avis :
Avant les copies massorétiques, les textes auraient été écrits sans espace entre les mots. Pour en faciliter la lecture, les massorètes auraient inventé et ajouté cinq lettres dites "finales" à l'alphabet hébreu. Ces lettres finales servaient à marquer la fin des mots (un système différent des langues latines qui ont choisi d'employer une majuscule au début du premier mot d'une phrase). Ces cinq lettres finales sont ך ם ן ף ץ (formes finales des lettres : כ מ נ פ צ ).
Le choix des lettres et leur nombre limité à cinq restent encore mal expliqués.
Selon d'autres sources et avis :
Les massorètes n'auraient pas introduit ces lettres finales, mais ils les auraient adoptées et se seraient employés à les faire adopter.


La réponse à ces avis différents se trouve dans un manuscrit du premier ou second siècle avant l'ère chrétienne. Ce manuscrit est connu sous le nom de "papyrus Nash" (du nom d'un acquéreur en 1898, en Égypte). Il s'agirait d'un rituel de prière, composé en partie des "dix commandements" (Exode, XX, 2-13).
Ce document ancien comporte des lettres finales, bien avant les massorètes de la période dite "active". Ces derniers ne seraient donc pas les inventeurs des lettres finales.
En l'image ci-dessous le texte manuscrit de l'Exode, XX, 3-4.

De nos jours, ces cinq lettres finales sont encore employées, bien qu'inutiles. Car, des espaces séparent aujourd'hui les mots.
En l'image ci-dessous le texte manuscrit de l'Exode, XX, 12.

S'ils n'ont pas inventé les lettres finales, les massorètes ont pu apporter ou adopter d'autres aménagements et méthodes. Par exemple, méticuleux copistes, les massorètes comptaient les mots et les lettres pour s'assurer de la fidélité de leurs copies. Ainsi, selon certaines sources et avis, ils agrandissaient une lettre dans un texte pour marquer son milieu (en nombre de lettres). Cette marque est reproduite de nos jours dans les bibles hébraïques (en verset Lévitique, XI, 42, la lettre ו "vav" du mot גחון est d'une taille supérieure aux autres. Elle marque le milieu de la Tora, en nombre de lettres). Selon d'autres sources et avis, cette méthode était déjà employée, avant les massorètes, par d'autres copistes aussi méticuleux.
D'autres marques dans la Tora restent encore sans explication certaine. Deux marques prises pour la lettre נ "noun" sont de taille plus importante que le texte. Dans le langage courant du judaïsme elles sont appelées "nouns renversés". Si ces marques sont bien la lettre נ noun, elles seraient "inversées" dans le sens gauche-droite, mais pas dans le sens haut-bas. Bien qu'une explication soit encore recherchée, des rabbins ne manquent pas d'enseigner leurs interprétations imaginaires, plus ou moins mystiques en plus, comme s'il s'agissait de certitudes. Ces marques semblent encadrer deux versets. La première précède le verset Nombres, X, 35 (ou bien elle clôture le verset 34). La seconde est placée après le verset Nombres, X, 36 (ou bien elle clôture le verset 36). Dans les versions d'imprimerie, la lettre noun est employée à l'envers. Dans les versions électroniques du texte, des caractères spéciaux sont utilisés, des crochets [ , parfois des parenthèses (. Ces marques sont donc encore reproduites de nos jours, y compris dans les versions électroniques de la Tora. Ci-dessous l'image d'une version d'imprimerie employant la lettre נ noun à l'envers.


Qu'est-ce que la version "massorétique" ?
Après des siècles de transmissions traditionnelles, orales et écrites, des textes ont été sélectionnés pour former une bible. Cette composition est attribuée à אהרון בן משה בן אשר Aaron Ben Moshé Ben Ashèr (qui vécut vers le dixième siècle EC).
Aaron Ben Moshé Ben Ashèr était un scribe d'une lignée de "massorètes". Sa composition a été nommée "version massorétique".
Cet ensemble de textes choisis a été érigé en norme à la même époque (vers le dixième siècle EC). Cette bible a eu ses détracteurs, et a fait l'objet de critiques jusqu'au début du quinzième siècle de l'ère chrétienne.
La version massorétique est une compilation de textes formant une bible dite "hébraïque", parce qu'elle ne contiendrait que des textes en hébreu (contrairement à d'autres textes de bibles chrétiennes rédigés en langue grecque). Toutefois, la bible dite "hébraïque" contient aussi des textes écrits en araméen (une langue étrangère à l'hébreu, de la région de l'actuelle Syrie).
Ce qui est appelé "Bible hébraïque" est la bible retenue par le judaïsme. Pour rappel, cet ensemble est aussi admis par le christianisme, qui le nomme "ancien testament".
Cette compilation biblique contient donc la Tora (cf. ce qui précède), et aussi des écrits dits prophétiques. Le tout est complété par d'autres écrits appelés כתובים "kétouvim", soit en langue française les "hagiographes".

La Tora de l'ensemble massorétique.
Pour rappel : la Tora (Pentateuque) est une partie de cet ensemble ou version "massorétique".
Il est important de savoir que la Tora originale a été écrite par Moïse (Exode, XXIV, 4 ; Exode, XVII, 14 ; Exode, XXXIV, 27 ; Nombres, XXXIII, 2). La Tora était déposée auprès de l'Arche d'Alliance (Deutéronome, XXXI, 9 et 24-26). Hélas, l'Arche est recherchée depuis environ 2600 ans. Elle est introuvable depuis. La Tora originale est probablement encore auprès de l'Arche, aussi introuvable.
Avant que l'Arche ne disparaisse, et selon le Talmud, la Tora originale était à la disposition des copistes dans le Temple de Salomon (mais pas dans la reconstruction appelée "second Temple", où ne se sont trouvées ni l'Arche ni la présence divine).
Les "massorètes" ont reconstitué un ensemble, nommé aujourd'hui "Tora", sur la base de transmissions orales traditionnelles et sur la base d'écrits recopiés de génération en génération durant des siècles.
Cet ensemble, appelé Tora, rapporte en résumé l'histoire de la création du monde, et l'histoire d'Israël depuis son premier ancêtre (nommé communément אדם "Adam") jusqu'à la mort de Moïse.
Il est important de garder à l'esprit que cet ensemble "massorétique" n'est pas un original divinement inspiré et écrit par un ou des prophètes, mais une reconstitution faite par des hommes, qui sont faillibles, et qui se sont souvent opposés, voire violemment.

Qu'est-ce qu'un codex ?
Un codex est un livre fait de pages reliées l'une sur l'autre (comme un livre actuel) ce qui le différencie d'un livre aux pages reliées l'une à côté de l'autre pour former un rouleau.
- Un rouleau est appelé "volumen" (mot latin) s'il se déroule horizontalement, comme un "séfer Tora" ("rouleau de Tora").
- Un rouleau est appelé "rotulus" (mot latin) s'il se déroule verticalement.
Le codex serait apparu durant le second siècle avant l'ère chrétienne.
La "version massorétique", qui compose donc les bibles d'aujourd'hui, a été écrite sur des pages formant un codex. Cette reliure tranche considérablement avec celle traditionnelle du volumen encore perpétuée de nos jours pour les "sifreï Tora" (pluriel de "séfer Tora").

Qu'est-ce-que le codex d'Alep ?
C'est un ensemble d'écrits manuscrits, ceux sélectionnés pour composer la Bible hébraïque.
Pour rappels :
- Ce codex est constitué du texte de la Tora (Pentateuque) selon la transmission traditionnelle faite par les massorètes, et des autres écrits formant la Bible hébraïque ou Bible juive.
- Ne plus confondre judaïsme et israélisme. Le judaïsme n'est pas la religion d'Israël, mais une religion dérivée.
Tous les écrits du codex d'Alep auraient été rédigés dans la première moitié du dixième siècle (soit au moyen âge de l'ère chrétienne).
Cet ensemble, appelé "codex d'Alep", est considéré comme étant le plus fiable en matière de "massora", soit la transmission par la tradition (du judaïsme). C'est aussi la plus ancienne version actuellement connue de la Bible hébraïque (par transmission massorétique). Le codex d'Alep est la plus haute référence en matière de "massora". Certains parlent aussi "d'autorité" en la matière.
Les textes qui y sont écrits sont aussi accompagnés d'une "vocalisation". Il s'agit d'un système de points et signes guidant la prononciation. Dans le langage courant, ce système est appelé ניקוד "nikoud", les signes sont appelés נקדות "nékoudott" (improprement traduit par "voyelles").
Comme pour la "vocalisation", d'autres signes sont présents pour la cantillation (chanter le texte).
Les massorètes auraient apporté ces aménagements.
Ces signes, de vocalisation et de cantillation n'existent pas dans tous les manuscrits en hébreu. Les sifreï Tora (rouleaux de Tora) n'en comportent jamais, et cet usage est encore respecté de nos jours. Les autres manuscrits, soit ceux pour l'emploi quotidien (avant l'imprimerie), les bibles d'étude, les rituels de prières, etc. en comportent.
Ce sont donc généralement les "documents de travail" ou d'apprentissage qui sont sous forme de codex, et qui comportent de tels signes. A l'inverse, les sifreï Tora (rouleaux de Tora) en sont dépourvus afin de conserver les caractéristiques originelles (ce qui est discutable, car la forme des lettres a évolué au fil des siècles). Dans le judaïsme les sifreï Tora sont placés à un niveau supérieur. Par exemple : on évite de les toucher des doigts (voire interdiction totale de contact, selon les communautés). Ils sont conservés en un lieu réservé, et ne sont employés que pour un office religieux.
Au contraire d'un séfer Tora, le codex d'Alep était donc probablement un livre de travail, un livre d'usage courant, comme le sont les livres liturgiques et les bibles imprimées de nos jours.
En hébreu ce codex est connu sous l'appellation כתר ארם צובא "kétèr aram tsova". Cependant ces termes seraient du "judéo-araméen" plutôt que de l'hébreu.
Exemple de ce nom sans signes de vocalisation :
כתר ארם צובא
Avec signes de vocalisation :
כֶּתֶר אֲרָם צוֹבָא
La traduction littérale des termes כתר ארם צובא "kétèr aram tsova" ne permet pas de leur donner un sens francophone. La traduction littérale serait "manuscrit de la couronne d'Aram".
Selon certains, Aram serait l'ancien nom biblique de l'actuelle Syrie. Mais, ces noms et leurs territoires ne se correspondent pas (la "Syrie" n'existait pas, et les frontières d'Aram n'étaient pas celles de l'actuelle Syrie).
Selon les époques, des villes-états et/ou royaumes pouvaient étendre leurs territoires et former des empires. Les noms peuvent être différents d'une époque à une autre. Des noms bibliques peuvent être Aram ou Achour (Assur), ou encore Our (Ur), Our-Kasdim (Ur, en certaines traductions, à l'époque d'Abraham, en livre de la Genèse).
Les noms employés dans les écrits bibliques renseignent sur les époques concernées. Le centre de ces territoires est souvent aux environs des fleuves Tigre et Euphrate. D'autres noms peuvent être connus dans les cultures occidentales (Mésopotamie, Assyrie, Chaldée, voire une partie de l'Arménie). Contrairement à une idée répandue, le territoire d'Aram n'était donc pas la Syrie d'aujourd'hui, et le nom כתר ארם צובא "kétèr aram tsova" donné à ce codex du dixième siècle (EC) n'est pas forcément adéquat. Aram a été choisi parce que ce manuscrit est originaire d'Alep (plus de précisions dans la suite).
En langue française Aram a donné "araméen", ce qui n'est pas, non plus, forcément adéquat (cf. ce qui précède : ce nom correspond à une époque ou période). Cependant, les langues hébraïque et française ont conservé Aram et araméen, la francophonie s'étant peut-être alignée à l'hébreu.

Du dialecte dit judéo-araméen, voire purement araméen, a pu être inséré par endroits dans la Tora, dans la version massorétique du codex d'Alep (en commentaires de la partie "comment prononcer Israël" ).

Dans la Tora (version massorétique du codex d'Alep) un mot ou nom reste énigmatique aujourd'hui encore. Ce mot ou nom est עזאזל "azazel" (Lévitique, XVI, 8, 10, 26). Des théories existent pour l'expliquer, mais, même le judaïsme reconnaît que ce mot ou nom reste une interrogation. Ce pourrait être du judéo-araméen.

Le codex d'Alep aurait été écrit dans la région du כנרת "kinérètt" (lac de Tibériade en français).
Dans son parcours, le codex aurait subi une histoire tourmentée qui l'aurait fait voyager en plusieurs lieux, jusqu'à se trouver à Alep vers la fin du quatorzième siècle (EC) (Alep est aujourd'hui une ville de Syrie). Il a été conservé dans la synagogue d'Alep jusqu'au vingtième siècle (EC).
Malheureusement, en 1947 (XXème siècle EC), des émeutes anti-juives ont causé la perte de parties importantes du codex. L'ensemble de ses manuscrits aurait été jeté au sol, des pages se seraient détachées, et sont aujourd'hui perdues. Selon des théories et suppositions, des pages auraient été prises par des membres de la communauté juive, pour les préserver. D'autres affirment que ce serait par des émeutiers, pour les négocier.
NB : l'original du codex d'Alep a subi des pertes, mais son contenu écrit est connu depuis des siècles. Ce contenu du codex d'Alep a servi à un rabbin dit "décisionnaire", משה בן מימון Moshé Ben Maïmon (connu sous le nom de Maïmonide, 1135-1204 EC), pour les recopies de la Tora selon la version massorétique (devenue normative). L'époque de Maïmonide se situe environ deux siècles après la rédaction du codex d'Alep.
Au onzième siècle (EC) le codex d'Alep aurait été dédié à la communauté karaïte de Jérusalem.
Le karaïsme est une branche du judaïsme, mais une branche non rabbinique.
Le karaïsme admet la même Bible que le judaïsme rabbinique, mais refuse tous les autres écrits juifs rabbiniques, et refuse aussi la "loi orale" juive rabbinique.
Les guides spirituels des Karaïtes ne sont pas des rabbins, mais des חכמים "khakhamim".
Pour en savoir plus sur le karaïsme, cliquez ici .
Dans ses dernières pages, le codex d'Alep mentionne le nom de son rédacteur :שלמה בן-בויאעא Shlomo Ben Bouyaha. Il aurait ensuite été vérifié, "vocalisé" et annoté par אהרון בן משה בן אשר Aaron Ben Moshé Ben Ashèr.
Le codex d'Alep aurait été écrit pour une communauté karaïte. Cette hypothèse est soutenue par les Karaïtes de nos jours, soutenant aussi que le massorète אהרון בן משה בן אשר Aaron Ben Moshé Ben Ashèr, aurait été un Karaïte lui-même. Le colophon (notes en fin d'ouvrage) du codex mentionne סגולת הקראים "trésor des Karaïtes".
Le codex d'Alep est aujourd'hui conservé au musée d'Israël.



Le codex de Leningrad
Un autre codex ancien existe, sensiblement le même que celui d'Alep, mais considéré aujourd'hui comme plus complet (à cause des parties manquantes au codex d'Alep, depuis 1947). Cet autre codex est connu sous le nom de "codex de Leningrad", ainsi nommé parce qu'il est conservé depuis 1863 à la Bibliothèque Nationale Russe de St-Petersbourg (Leningrad fut le nom de St-Petersbourg entre 1924 et 1991, soit durant le soviétisme).
Le codex de Leningrad est un peu plus récent que le codex d'Alep. Il serait du début du onzième siècle (daté vers l'an 1008 ou 1010 EC). Il aurait été écrit sur la base du codex d'Alep. Son lieu de rédaction serait Le Caire (actuelle Égypte).



Terminologie
Le codex d'Alep a donné la bible "hébraïque" ou "bible juive".
Cette bible est appelée en hébreu תנך ouתנ״ך "tanakh" ou "tanah".
Ce terme est un acronyme tiré des mots : תורה , נביאים , כתובים "tora", "névihim", "kétouvim", soit respectivement en français : "la Tora", "les prophètes", "les écrits".
"Les écrits" sont aussi appelés "hagiographes".
La Tora est aussi appelée חומש "houmach", et en français le "Pentateuque".
Le תנ״ך tanakh est aussi appelé מקרא "mikra" ("la mikra").
En résumé :
La bible hébraïque = bible juive = תנ״ך tanakh = מקרא "mikra" = codex d'Alep
Cette compilation d'écrits est nommée "Ancien Testament" par le christianisme.
Judaïsme et christianisme admettent cette compilation.
L'israélisme l'admet aussi, tout en étant plus circonspect que les autres religions. Ces dernières confèrent des caractères sacrés, indéniables, prophétiques, que l'israélisme n'accorde pas. Car les auteurs ne sont pas forcément prophètes (voire rarement), mais, au contraire, plus souvent inconnus. L'israélisme admet et considère à égalité toutes les sources sérieuses (écrites, archéologiques, issue du codex ou non, etc … ). Toute source permettant de retrouver la vérité, l'histoire, le divin, est admissible.
Le codex d'Alep a donc donné les deux bibles, juive et chrétienne, cette dernière étant aussi complétée par le "Nouveau Testament" (partie propre au christianisme).
Le Nouveau Testament est composé de :
"L'Évangile" ou "les Évangiles", "les Actes des Apôtres", "les Épîtres", "l'Apocalypse".
Pour rappel : cette partie nommée "Nouveau Testament" n'est admise ni par l'israélisme ni par le judaïsme.
D'autres écrits, versions ou traductions composent aussi les textes sacrés chrétiens (selon les branches ou communautés chrétiennes). Une traduction bien connue est celle dite des "Septante", qui est une traduction de la Tora en grec. Le langage courant parle souvent de "la Septante".
Cette traduction, dite "des Septante", fut faite au troisième siècle avant l'ère chrétienne, par soixante-douze traducteurs (septante-deux). Mais, l'histoire n'a retenu que "septante".
Bien que ces "septante-deux" traducteurs n'auraient traduit que la Tora, est aussi appelée "Septante" la traduction en grec ancien de l'intégralité תנ״ך tanakh.
La Septante n'est admise ni par l'israélisme ni par le judaïsme. L'israélisme et le judaïsme explorent et étudient ces textes en leurs langues originelles : l'hébreu et parfois l'araméen ou le judéo-araméen.
La Septante a aussi des versions différentes. Plusieurs codex ont été conservés jusqu'à notre époque ("Vaticanus", "Sinaiticus", "Alexandrinus"), qui font apparaître quelques différences entre les versions, et quelques différences avec le texte massorétique.
La Septante n'est pas admise par toutes les branches chrétiennes. Le protestantisme n'accepte pour référence que le texte massorétique du תנ״ך tanakh. Cependant, le protestantisme admet en plus des textes propres au christianisme.
Les textes retenus par une religion ou bible sont aussi dits "canons" ou "canoniques", et un ensemble entier peut également être dit "canon".
Les textes relatifs à la religion ou au culte sont dits "sacrés". Le christianisme emploie souvent "Écritures" pour parler de ses textes "sacrés". "Les Écritures" et "les Saintes Écritures" sont aussi des termes employés par le christianisme.

Conclusions
Les principales sources bibliques sont donc :
- Des textes méticuleusement recopiés de génération en génération, de siècle en siècle, depuis Moïse qui les a écrits sur ordre divin et grâce à l'inspiration divine. Le récit de la Création fait probablement partie de ce qui a été réécrit avec beaucoup d'attention et de minutie. Après Moïse, d'autres prophètes ont pu laisser comme lui des écrits d'inspiration divine.

Mais, les bibles comportent aussi :
- Des traditions dont on retrouve trace dans les écrits bibliques. Par exemple :
- La pratique du jeûne (pour en savoir plus, cliquez ici ).
- La non consommation du nerf sciatique (une probable falsification du texte de la Tora) (pour en savoir plus, cliquez ici ).
(Liste non exhaustive)
Les pratiques traditionnelles ne sont pas des commandements, ni d'inspiration divine. Certains passages bibliques peuvent être des falsifications dans le but de justifier des pratiques traditionnelles, et les conserver comme des commandements. De tels passages n'ont pas leur place dans une bible.

Les bibles comportent encore :
- Une transmission orale (qui fut ensuite écrite). Cette transmission est appelée aussi "tradition" ("la tradition", soit l'ensemble des connaissances transmises par la "voie orale", en plus des pratiques traditionnelles).
Cette transmission orale a communiqué et perpétué de réelles connaissances, mais, malheureusement, elle a aussi transmis des inventions. Comme pour les pratiques traditionnelles, certains récits ne sont pas d'inspiration divine. Le judaïsme en est très abondant (surtout dans le "midrash", qui, en marge des écrits bibliques, est une compilation d'histoires inventées afin d'illustrer des commentaires et interprétations purement rabbiniques). Ainsi, certains passages bibliques peuvent avoir été inclus dans le codex d'Alep depuis des récits mythiques, légendaires ou folkloriques, et ainsi corrompre le véritable texte. De tels passages (mythes, contes, légendes, …) n'ont pas, non plus, leur place dans une bible.

Les bibles actuelles sont aussi :
- Une sélection d'écrits faite depuis les prédécesseurs des massorètes, et par les massorètes.
(Pour rappel : le codex d'Alep est un ensemble de textes érigé en norme vers le dixième siècle de l'ère chrétienne, après environ 1500 ans de transmissions orales et écrites. Ces 1500 ans sont comptés depuis la כנסת הגדולה "Grande Assemblée", qui marque le tout début du judaïsme et ses dérives de la religion d'Israël).
Certaines sources écrites, certains textes, ont été écartés par les massorètes et/ou leurs devanciers. Ces textes, non sélectionnés pour faire partie de la bible hébraïque, sont dits "apocryphes" (du grec ancien "apókryphos" signifiant "caché", voire "secret").
A cela il convient d'ajouter, pour le christianisme, une sélection d'écrits faite par ses propres détenteurs d'un pouvoir religieux. Comme le judaïsme, le christianisme a aussi ses textes écartés de la bible chrétienne.

Les bibles des deux religions, judaïsme et christianisme (soit les bibles de toutes les religions dites "judéo-chrétiennes"), sont aujourd'hui le produit d'environ vingt-cinq siècles (2500 ans depuis la כנסת הגדולה "Grande Assemblée") de transmissions orales et écrites de textes choisis, tandis que d'autres textes ont été perdus ou refoulés.

Concernant la Tora :
Des écrits ont été sélectionnés et sont appelés "Tora" (Pentateuque). Ils figurent dans les bibles. Mais, sans les manuscrits originaux écrits par Moïse, et sans les "Tables de la Loi" (appellation du langage courant) il est extrêmement difficile de savoir ce qui y correspond et ce qui n'y est pas fidèle.
Les "Tables de la Loi" sont les tables de pierre sculptées par Moïse et écrites par l’Éternel (Exode, XXXIV, 1 et 28). Elles étaient déposées à l'intérieur de l'Arche d'Alliance (appellation du langage courant) (Deutéronome, X, 5).

Concernant les prophètes et les autres écrits bibliques :
Les textes desנביאים "névihim", en français "les prophètes", et les textes des כתובים "kétouvim", en français "les écrits", sont d'époques plus récentes que la Tora originale.
Les prophètes adressaient souvent la parole divine oralement. Les textes dits "des prophètes" n'ont pas forcément été écrits par les prophètes eux-mêmes. Des disciples auraient écrits certains textes, voire après la mort du ou des prophètes, voire encore plusieurs générations plus tard.

Les sources et les époques sont donc variées. Il est impossible de prétendre que tout ce qui se trouve dans le codex d'Alep, et donc dans les bibles (du judaïsme et du christianisme), serait d'inspiration divine. Au contraire, ce contenu écrit est le fruit d'une transmission humaine (et non divine) sur une durée de plusieurs siècles. Ceci signifie que les écrits ont pu en avoir été déformés, involontairement et volontairement. Des choix humains aux diverses raisons, politiques, militaires, économiques, religieuses, etc., ont probablement été faits pour servir ces raisons. Dans d'autres cas, des passages ont probablement été reconstitués tant bien que mal (les manuscrits anciens sont parfois dégradés, perforés, avec des mots ou passages manquants, cf. les illustrations qui précèdent). Des reconstitutions ont pu rendre certaines parties bibliques obscures, incompréhensibles et/ou douteuses.
Les textes ont donc subi d'indéniables altérations. Par exemple :

- Jacob a été nommé Israël en Genèse, XXXII, 25-29 . Mais, des données divergentes sont notables en Genèse, XXXV, 9-12 (pour étudier ce sujet, cliquez ici ).

- Dans le texte de la Tora, en Exode, IV, 24-26, il est question de la mort de quelqu'un, mais on ne sait qui, ni pourquoi. Ce passage est très obscur.

- Le verset Exode, VI, 28 semble être une phrase incomplète, ou mal placée. (NB : l'étude se conçoit en langue originelle, soit l'hébreu biblique).
Dans ce même chapitre, les versets 12 et 30 semblent se répéter, mais les termes ne sont pas exactement les mêmes dans les deux versets.
Les trois versets, de 28 à 30, semblent avoir été placés là sans bien savoir où ils devaient l'être. La différence de propos entre le verset 12 et le 30 indiquerait qu'ils ne doivent pas être pris "à la lettre".

- En exode, chapitre VII, des incohérences rendent le récit confus :
Selon les mots employés en versets 9, 10 et 12, il s'agirait du bâton d'Aaron, qui se serait transformé en תנין crocodile devant le pharaon.
NB : de mauvaises traductions mentionnent "serpent" à la place de "crocodile", ce qui ajoute à la confusion (décrite en ce qui suit).
Le verset 15 semble parler d'un autre bâton. Car, il parle de נחש serpent (et non de crocodile). Ce serait alors le bâton de Moïse (qui, pour rappel, se serait transformé en serpent devant les Israélites).
Mais, le verset 19 contredit le 15. Il est de nouveau question du bâton d'Aaron (en verset 19).
La réflexion fait penser à une erreur dans la rédaction du verset 15. Un rédacteur ou copiste a pu se tromper en écrivant "serpent" à la place de "crocodile", et l'erreur aurait été scrupuleusement, religieusement, reproduite durant des siècles.
Compte tenu de ces données, il est difficile de fier au texte. S'agit-il du bâton de Moïse ? De celui d'Aaron ? Avaient-ils chacun un bâton, ou est-ce le même qui a servi à tous les miracles ? Actuellement, ces questions ne peuvent que subsister, faute de pouvoir apporter une réponse certaine.
D'autres différences sont encore notables en chapitre VII :
- En verset 17, l'Éternel parle de "frapper" les eaux du Nil (אנכי מכה).
- En verset 19, l'Éternel demande qu'Aaron "étende sa main" (ונטה ידך) sur les eaux de l’Égypte. En ce verset, il ne s'agit pas seulement des eaux du Nil, et il ne s'agit pas de les frapper.
- Puis, selon le verset 20, Aaron aurait "frappé" les eaux du Nil (ויך את המים).
Toutefois, concernant ces dernières différences une explication est possible : "étendre la main" était peut-être une expression de l'hébreu biblique, comme en langue française l'expression "lever la main" (sur quelqu'un) prend le sens de "frapper", "vouloir frapper" ou "tenter de frapper" (quelqu'un). Cette théorie est étayée par le chapitre suivant, Exode, VIII, 12, en lequel les mots "étends" et "frappe" sont employés dans un même propos.

- Selon les versets, Exode, XII, 40-41, le séjour des enfants d'Israël en Égypte fut de 430 ans. Mais, cette durée ne correspond pas aux autres données généalogiques fournies. (Pour plus d'explications, lire les commentaires sur ces versets dans La Bible Plus Justement ).

En dehors de la Tora, un autre exemple peut être cité au sujet de la mort du roi Saül :
- Le premier livre de Samuel, chap. XXXI, v. 4-13, indique que Saül se serait donné la mort au cours d'une bataille. Mais :
- Le second livre de Samuel, chap. I, v. 6-10, donne un récit différent. Dans ce dernier, Saül aurait été tué, à sa demande, par un Amalécite (un descendant d'Amalec, l'ensemble des descendants formaient alors le peuple d'Amalec).

Comment Saül est-il réellement mort ? Bien que des données convergentes rassemblent les deux versions, cette question subsiste encore.
Dans cet exemple, la recherche et la réflexion privilégieraient la version du premier livre de Samuel (Saül se serait tué lui-même), car elle se retrouve en un autre écrit biblique, en Chroniques I, Chap. X, v. 4-6. Cette dernière référence donne de plus une explication en verset 13 : Saül serait mort pour n'avoir pas gardé la voie de Dieu, et pour avoir eu recours à la nécromancie (tentative insensée d'évocation ou consultation d'un ou plusieurs morts, quel que soit le moyen employé, magie, sorcellerie, spiritisme, etc.).

Ces exemples de contradictions, versions différentes, passages obscurs ou incompréhensibles, etc. ne sont que quelques-uns parmi un ensemble qui ne peut être quantifié.

Pour ces raisons, la compilation massorétique, qui a donné le codex d'Alep, soit les bibles (du judaïsme et du christianisme), ne peut être considéré comme porteur de paroles divines en toutes ses parties. Le codex d'Alep est l'ensemble le plus connu et le plus admis.
Les autres sources ou manuscrits sont extrêmement difficiles à trouver, à étudier, et ne présentent pas plus de garantie sur leur origine d'inspiration divine. Reporter sa foi en l'une de ces sources (non bibliques) peut être aussi égarant, dangereux pour la pensée, la vie, la Foi. Car, de nombreuses idéologies ont existé depuis le retrait de la manifestation divine et de la pensée prophétique, il y a 2600 ans. Ces idéologies ont laissé de multiples écrits, qui n'ont pas de valeur religieuse, voire aucune, s'ils ne proviennent pas du divin, mais de l'humain et de ses inventions fallacieuses.

Le codex d'Alep (incluant ses recopies sous toutes formes, imprimées, numériques, etc.) reste le plus connu du public. Cependant, il est nécessaire de conserver à l'esprit, durant l'étude biblique, que des mythes, contes, légendes, supercheries et autres pollutions aux diverses raisons ont dénaturé les textes originaux, qui, eux, étaient véritablement d'inspiration divine.
Néanmoins, le codex d'Alep contient vraisemblablement des parties rigoureusement réécrites depuis des originaux d'inspiration divine.
Les massorètes ne sont pas désignés ici comme des coupables ou corrupteurs. Au contraire, ils étaient de scrupuleux copistes. Ils savaient que des changements avaient été apportés par leur prédécesseurs. Mais, les massorètes ne se sentaient pas en droit ni en devoir d'y apporter des correctifs.
L'un des changements, parmi les plus importants apportés aux écrits bibliques, est celui porté au nom divin. Il fut remplacé par ce qui est aujourd'hui appelé "le tétragramme" (lire "La Bible Plus Justement", commentaires de l'Exode, III, 15). Dans ce cas encore, il n'est pas dit que les massorètes auraient apporté ce changement, bien que ce soit également possible puisque le codex d'Alep était un livre usuel, un livre d'usage quotidien, un livre d'étude, d'apprentissage, de travail. Un tel ouvrage aurait donc pu être volontairement corrigé par les massorètes (théorie non vérifiée) afin de protéger le nom divin d'un éventuel outrage volontaire ou involontaire, et afin de pouvoir se défaire du manuscrit en le jetant simplement sans outrager le nom divin (qui toutefois apparaît, mais une seule fois, et non dans l'ensemble du manuscrit. Il aurait donc suffit de retirer une seule feuille, celle où est écrit le nom divin, pour la traiter différemment du reste du manuscrit).

L'étude biblique doit être abordée avec prudence. Il en est de même s'agissant d'en citer des passages. Cette dernière remarque est pensée pour ceux dont le but est la propagande religieuse et le prosélytisme. Toutes les religions dérivées du judaïsme s'y adonnent, voire ont cette sorte de "commandement" dans leurs professions de foi.




- Retour au sommaire -




/