Jeûnes du judaïsme, que demande la Tora ?












Les jeûnes dans la Tora Les jeunes du judaïsme

Translation תרגום

Ces écrits sont issus d'un vaste travail sur les commandements (en plus du livre "La Bible Plus Justement").
Il est important de lire les références bibliques citées, sans quoi rien de bon ne peut être compris.
Les études qui suivent ne sont pas finalisées. Elles ne le pourraient sans les manuscrits originaux légués par Moïse, voire d'autres complétant les siens. Malheureusement, l'humanité ne dispose aujourd'hui que de copies ou versions plus ou moins incomplètes et susceptibles d'erreurs.
Les buts recherchés sont le rétablissement d'une connaissance plus juste de la religion d'Israël ou israélisme, et une mise en pratique plus juste de ce qu'elle demande.

En hébreu, un commandement se dit מצוה une mitsva. Des commandements מצות des mitsvot.

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Dernier apport à cette page : 5 septembre 2016


Que demande la Tora ?
Dans la Tora aucun jeûne n'est institué. Aucun passage ne relate la pratique d'un jeûne.
La Tora ne demande pas de jeûne, l'israélisme ne pratique pas de jeûne.

Les jeûnes dans le judaïsme :
Le judaïsme n'a pas ce principe. Le judaïsme n'est pas la religion d'Israël, mais un dérivé.
Le judaïsme est une religion née du rabbinisme. Ce phénomène de société est apparu il y a environ 2100 ans. Pour en savoir plus cliquez ici.
Cependant, les toutes premières racines du judaïsme seraient plus anciennes. Elles pourraient remonter jusqu'à l'époque de la reconstruction du Temple de Jérusalem. Il fut reconstruit après la déportation à Babylone, soit il y a environ 2500 ans.

Dans le judaïsme, plusieurs jeûnes sont pratiqués, tous d'institution rabbinique et basés sur des interprétations rabbiniques.

Un point de vocabulaire doit être éclairci. Le judaïsme amalgame ou confond (emploie en synonymes) les mots
צום/לצום "tsoum/latsoum" soit "jeûne/jeûner"
et
תענית "tahanitt"
Le judaïsme donne à ce dernier, תענית "tahanitt", le sens de jeûne. Mais, ce sens pour תענית "tahanitt" ne se retrouve ni dans la Tora ni dans le reste de la Bible.
En tant que nom commun, תענית "tahanitt", au sens du judaïsme, n'est pas dans la Bible. Seule une orthographe proche est trouvée, mais sous forme de verbes conjugués (en premier livre des Rois, chapitre II, verset 26). Ces verbes n'indiquent pas de jeûne.
Un autre cas d'emploi du mot תענית "tahanitt", en livre d'Ezra (ou Esdras), chapitre IX, verset 5, a aussi été traduit par "jeûne". Mais, cette traduction ne se valide pas. Il s'agirait d'une sorte de manifestation d'affliction. Elle est décrite dans le verset 3 qui précède. Rien n'y indique un jeûne.
Toujours dans le livre d'
Ezra (ou Esdras), en chapitre VIII, verset 21, un autre mot est trouvé, להתענות "s'affliger". Ce verbe conjugué est composé de la même racine, mais il s'agit d'un dérivé mis à la forme pronominale réfléchie ("s'affliger", parfois traduit aussi par "se mortifier"). Le sens aussi a vraisemblablement autant dérivé. Car, à l'époque d'Ezra le Temple de Salomon (ou "premier Temple") était détruit. La pensée prophétique n'existait déjà plus. L'époque d'Ezra est celle des toutes premières racines ayant donné par la suite le pharisaïsme,  mouvement précurseur du judaïsme.
NB :
le livre d'Ezra a peut-être été écrit plusieurs années ou décennies après Ezra, et pas par Ezra lui-même.

Il est donc nécessaire de rétablir le sens :
 
תענית "tahanitt" ne signifie pas "jeûne". Le judaïsme lui donne ce sens faux et égarant.
Le judaïsme justifie ainsi le jeûne demandé à ses adeptes lors du Yom Akipourim (appelé aussi Kipour ou Yom Kipour).
Or, et pour rappel : la Tora ne demande pas de jeûne. Le Yom Akipourim est institué par la Tora, mais aucun jeûne n'est demandé par la Tora, ni pour Yom Akipourim, ni pour un autre jour.


Le jeûne du Yom Akipourim (cf. encadré ci-dessus ) n'est pas le seul du judaïsme.
Quatre autres jeûnes sont pratiqués, et prétendus "d'institution prophétique". En réalité, la décision de les instituer et de les pratiquer est rabbinique, ainsi qu'expliqué ci-dessous.
Ces quatre jeûnes sont affirmés depuis un verset, en livre de
זכריה Zacharie, VIII, 19 :

כה אמר יהוה צבאות צום הרביעי וצום החמישי וצום השביעי וצום העשירי יהיה לבית יהודה לששון ולשמחה ולמעדים טובים

Traduction la plus littérale possible. Ce qui est entre parenthèses n'est pas dans le texte :

"Ainsi parle l’Éternel Tsévahott : le jeûne du quatrième (mois) et le jeûne du cinquième (mois) et le jeûne du septième (mois) et le jeûne du dixième (mois) sera (changé) pour la maison de Juda en liesse et en joie et en bons moments"

Ce verset n'ordonne pas de jeûne. Il annonce un temps futur. En ce futur, des jeûnes deviendront des joies (selon la lecture littérale).

Néanmoins, bien que ce verset n'institue pas de jeûne, selon une explication courante le judaïsme aurait décidé d'instituer ces jours de jeûne. Car, le judaïsme aurait retenu de ce verset que des jeûnes sont demandés. Ils auraient donc été institués ainsi.
Ces jeûnes sont appelés respectivement : 17 tamouz, 9 av, jeûne de Guédalia, 10 tévètt.
Ce sont aussi des jours de repentir et de pleurs, mais ils seront abolis pour devenir des jours de joie (selon le verset ci-dessus).

Cependant, ce verset (Zacharie, VIII, 19) et la position du judaïsme interpellent sur plusieurs points. Une conclusion est donnée après l'exposé de ces points.

1 - En ce verset du livre de Zacharie, les propos seraient ceux de l’Éternel. Mais, il est étrange de lire des propos de l’Éternel qui confirment, ratifient, des jeûnes que l’Éternel n'a pas demandés. Car, les commandements sont dans la Tora, uniquement dans la Tora. Or, pour rappel, la Tora n'institue aucun jeûne.
Ce verset du livre de Zacharie ne correspond pas à la Tora.

NB : certains commandements sont en livre d’Ézéchiel, mais ils sont exprimés pour un futur qui ne s'est pas encore produit. Tant qu'une chose annoncée au nom de l’Éternel ne s'est pas encore produite, il peut y avoir doute sur la véracité de cette "annonce". Le Deutéronome, XVIII, 22, avertit sur ce cas possible, qui correspondrait à l'annonce d'un faux prophète (lire le Deutéronome, XVIII, versets de 18 à 22).

2 - Si des mois sont cités dans le verset (Zacharie, VIII, 19), les dates (jour du mois) n'y apparaissent pas. Là encore, la fixation des dates et leur institution ne sont pas prophétiques, mais rabbiniques.
Le karaïsme (autre branche juive, opposée au rabbinisme) conteste les décisions rabbiniques. Par exemple, selon le karaïsme la date du jeûne du septième mois (jeûne de Guédalia) se trouverait en livre de Néhémie (Néhémie, IX, 1). La date serait donc celle explicitement inscrite dans le livre de Néhémie, soit le 24ème jour du septième mois, et non en début de mois comme l'a fixée le judaïsme rabbinique.
Outre le karaïsme, il est nécessaire de souligner que, si des jeûnes étaient voulus et demandés par Dieu, ce seraient des commandements. Les dates seraient alors clairement fixées en ce verset du livre de Zacharie, comme elles le sont dans la Tora pour les fêtes et solennités.

3 - Le verset prédit des jours meilleurs pour "la maison de Juda", soit la tribu de Juda, soit le territoire de Juda, soit la Judée. Mais, qu'en est-il des autres tribus ?
Les commandements sont énoncés pour les douze tribus d'Israël, pas pour une seule (Juda). Si ces jeûnes étaient des commandements, les douze tribus seraient concernées, et une prédiction de jours meilleurs concernerait aussi les douze tribus.
Or, le verset ne parle que de Juda.
Sur ce point encore, il n'y a pas d'harmonie ou cohérence avec la Tora et les commandements.


D'une manière générale, les textes dits "prophétiques" sont énigmatiques. C'est ainsi qu'ils se prêtent à toutes les interprétations, même les plus opposées entre elles, même les plus farfelues.
Ainsi, des branches juives divergent et s'opposent, et, à l'intérieur même de ces branches ou mouvements, des rabbins ou d'autres guides spirituels (karaïtes) peuvent avoir des opinions très différentes ou contraires, voire séparatistes.
C'est ainsi que d'autres religions et branches se sont crées, en se séparant du judaïsme pour suivre des interprétations différentes.
A l'opposé des énigmes et interprétations, les commandements sont dans la Tora. Les commandements ne sont pas dans les textes dits prophétiques. Dans la Tora les commandements sont clairement exprimés, ni énigmatiques ni sujets à interprétation.
Malgré ce fait, le judaïsme s'est construit en interprétant. C'est le principal facteur de dérive et d'égarement de cette religion.
L'interprétation est une caractéristique propre au judaïsme et à toutes les religions et branches qui en ont découlé.

Ces jeûnes du judaïsme ne sont pas des commandements, et il est impossible de penser que l’Éternel aurait accepté ou confirmé des jeûnes qu'il n'a pas institués.
Jeûner ne correspond pas à la Tora et ce qui fut institué à l'époque de Moïse. Il est peu probable qu'un prophète ultérieur à Moïse ait institué des jours de jeûnes alors qu'aucun jeûne n'est connu dans la Tora, pas même pour Yom Akipourim.

Une conclusion possible apparaît déjà :
Ce verset est douteux.
De ce fait, la réflexion se dirige vers une pollution ou corruption volontaire en livre de Zacharie. Le judaïsme pourrait avoir introduit ce verset pour justifier ses pratiques, et justifier aussi ses propres annonces à propos du futur.
Dans ce cas, ce verset ne serait donc pas prophétique, mais un détournement du livre de Zacharie.

La corruption concernerait le court passage des versets 18 et 19. Ces deux versets semblent faire une courte intrusion entre d'autres propos.
Il reste difficile de savoir à quelle époque cette corruption a été introduite.

D'autres remarques semblent nécessaires :

4 - Selon le judaïsme, divers maux auraient touché Israël aux dates fixées par le judaïsme. L'un de ces maux est le bris des Tables de pierre (ou Tables de la Loi, selon une autre expression). Moïse, en descendant du mont Sinaï, aurait brisé ces Tables le 17 tamouz, soit à la date rabbinique d'un des jeûnes (celui du quatrième mois).
Malheureusement, une reconstitution des événements n'a pu confirmer cette date, même en essayant plusieurs hypothèses. Cette reconstitution se trouve dans le livre "La Bible Plus Justement" (en commentaires de l'Exode, XXXI, 18, "date du don des Tables de pierre").

5 - Si l’Éternel ou Moïse avaient voulu que ce jour du bris des Tables soit un jour de jeûne, de repentir et de pleurs, ils en auraient décidé ainsi. Or, il n'en existe nulle trace dans la Tora.

6 - Selon le judaïsme, le jeûne du septième mois commémore l'assassinat de גדליה "Guédalia", qui fut gouverneur de Judée. Il fut nommé par Nabuchodonosor (Nabuchodonosor II) après la destruction du Temple de Salomon.
L'époque de Guédalia est difficile à situer précisément. Sachant que le Temple a été détruit il y a environ 2600 ans, l'assassinat de Guédalia aurait eu lieu vers cette époque.
L'époque de Zacharie serait un peu plus récente. Selon ce qu'exprime le premier verset du livre de Zacharie, ce serait à l'époque de Darius 1er, roi de Perse, soit il y a environ 2500 ans.
Les deux personnages seraient donc séparés de quelques années, voire décennies, jusqu'à un siècle environ, Zacharie étant le plus récent.
Alors, le jeûne du septième mois, en livre de Zacharie, ne serait donc pas prophétique à propos d'un futur encore inexistant, mais à propos d'un passé connu (assassinat de Guédalia).

7 - Pour rappel : selon une explication courante, le judaïsme aurait décidé d'instituer des jours de jeûne sur la base de ce verset, Zacharie, VIII, 19.
Si l
e jeûne du septième mois était une pratique déjà existante du vivant de Zacharie (cf. ci-dessus), l'explication courante
ne correspondrait pas à cette réalité.
Le verset (Zacharie, VIII, 19) semble parler de plusieurs jeûnes (pas seulement au septième mois). Ces jeûnes semblent bien identifiés, déjà pratiqués en des mois connus.

8 - La reconstruction du Temple (qui fut faite 70 à 100 ans après la destruction) n'a été que matérielle, sans présence divine. Plusieurs pièces importantes manquaient dans cette reconstruction, notamment l'Arche d'Alliance. A l'intérieur de l'Arche se trouvaient les Tables de pierre (ou Tables de la Loi). Elles n'étaient pas dans la reconstruction, de même que l'Arche d'Alliance n'y était pas.
Accompagnant l'Arche, un vase de manne était mis en dépôt auprès d'elle, en témoignage pour les générations futures. Le bâton d'Aaron et les écrits originaux de Moïse accompagnaient aussi l'Arche. Ces pièces (liste non exhaustive) ne se trouvaient pas dans la reconstruction, appelée aussi "second Temple".
La présence divine n'est vraisemblablement jamais revenue depuis la destruction du Temple de Salomon, et, ce, jusqu'à nos jours. Ainsi, la pensée prophétique n'est vraisemblablement pas revenue depuis, de même qu'il n'y a eu aucun miracle.
Ainsi, tout prophète ou livre dit prophétique d'une époque ultérieure à la destruction du Temple de Salomon, est à étudier avec beaucoup de prudence. Il s'agirait de "prophéties" douteuses. Ce qui précède explique pourquoi et s'inscrit en doute sur au moins un verset du livre de Zacharie.
Pour rappel : il s'agirait d'une corruption volontaire apportée au texte, pour justifier des jeûnes pratiqués par le judaïsme et/ou la population avant l'existence du judaïsme.


En conclusion, bien des points d'incohérences apparaissent à propos de ce verset, à propos des jeûnes, voire à propos d'un prophète nommé Zacharie qui aurait vécu à une époque ultérieure à la disparition de la pensée prophétique. Selon certaines sources, le livre dit "livre de Zacharie" aurait été écrit bien après la mort de ce dit "prophète".
Quoi qu'il en soit, il est important de retenir l'incohérence avec la Tora. Car,
pour rappel encore : la Tora ne demande aucun jeûne, n'indique la pratique d'aucun jeûne.

Tous les jeûnes du judaïsme sont rabbiniques, uniquement d'institution rabbinique, sur la base de décisions et interprétations rabbiniques.
Pour certaines personnes il est nécessaire de le répéter :
La Tora ne demande aucun jeûne, pas même pour le
Yom Akipourim.
Le judaïsme, qui prône ces jeûnes, les a institués, et les demande encore à ses adeptes.
Le judaïsme n'est pas la religion d'Israël. Le judaïsme a suivi une autre démarche, un autre chemin, et s'est éloigné de la Tora.







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